9 février 2012 - 1 réactions
Entre les industries agroalimentaires et la grande distribution, c'est l'éternel bras de fer quand il s'agit de négocier les prix de vente. Les premières ont toutes les peines du monde à faire accepter des hausses à leurs interlocuteurs des enseignes qui veulent toujours des prix plus bas.
Violente attaque
L'intervention de Jean-Paul Bigard, à l'assemblée générale de la section bovine de Triskalia, en a apporté une nouvelle illustration, hier. Dans un contexte de redressement des cours lié à une diminution de l'offre de bovins, le patron du groupe quimperlois d'abattage-découpe s'est livré à une violente attaque des enseignes françaises de la grande distribution. «Le distributeur n'est plus qu'un financier. La médiocrité de nos interlocuteurs est affligeante. Ce ne sont plus des professionnels mais de simples figurants qui sont payés pour faire baisser les prix de la viande. Leur salaire en dépend. Tout est appel d'offres. Ils achètent aux moins-disants. Seul le prix de vente au consommateur est important pour eux», s'est exclamé l'industriel de la viande.
40 % du marché national
Jean-Paul Bigard s'est félicité du rapprochement, il y a trois ans, entre Bigard et Socopa, ce qui permet au groupe breton de peser aujourd'hui 40 % du marché national de la viande bovine. Ce qui l'autorise aussi à s'offrir le luxe de refuser de livrer les enseignes récalcitrantes. «Reconnaissez que je suis le plus gaillard pour aller me battre sur les prix de vente. Quand je n'ai pas le prix que je veux, je n'hésite pas à suspendre mes livraisons. La rupture est le dernier argument à utiliser mais c'est le seul qui soit déterminant pour faire plier nos interlocuteurs et mettre en alerte les autres enseignes. Certains grands distributeurs sont bien gentils, ils font des petits prix mais il faut que tout le monde vive», s'est indigné Jean-Paul Bigard.
14.500 salariés
Bigard abat 26.000 à 31.000 bovins par semaine dans 23 abattoirs et emploie 14.500 salariés. Toutes viandes confondues (boeuf, porc, agneau), il produit 270.000 t de produits élaborés dont 150.000 t de steak haché frais et surgelé.
Le P-DG n'écarte pas des «réajustements», si les tendances actuelles se confirment à savoir la diminution du cheptel et les difficultés à valoriser les produits élaborés. «On ne peut pas conserver 23 outils en France sans que cela ne pose de problèmes».
Groupe Bigard : 14.500 salariés, 4,350 milliards d'euros de chiffre d'affaires consolidé en 2011.

26 mai 2012

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