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Travail dominical. Discorde dans le bassin rennais

12 novembre 2011

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Deux super- marchés du bassin rennais font de la résistance. Malgré la signature d'un accord local, ils ouvrent leurs portes tous les dimanches. Au grand dam, des élus, syndicats et patronat.

Depuis plus d'un an, les manifestations dominicales se succèdent devant deux supermarchés du bassin rennais. Les deux seuls de la zone à ouvrir leurs portes le dimanche matin. Pourtant, en décembre2010, le Medef local, les représentants des commerçants et les syndicats de salariés étaient tous tombés d'accord. Les commerces alimentaires de plus de 700m² devaient rester le rideau baissé le dimanche afin de préserver les autres commerces. Mais c'était sans compter sur un Intermarché et un Casino qui ne veulent pas appliquer cet accord, mettant en avant des raisons économiques. D'autant plus qu'ils ont reçu l'appui du préfet, qui refuse de rendre obligatoire l'accord local malgré les demandes.

Le préfet soutenu par Lefevbre

Michel Cadot estime, en effet, que l'attitude des deux supermarchés contestataires prouve qu'il y a «rupture du consensus» sur la question. Le préfet a d'ailleurs reçu cette semaine le soutien public du gouvernement, via un message du secrétaire d'Etat à la Consommation Frédéric Lefevbre. Mais élus, syndicalistes et simples militants de la cause dominicale ne décolèrent pas contre la décision de l'Etat. «C'est un déni de démocratie sociale», estime Eric Fouré, du collectif «commerce» de la CGT d'Ille-et-Vilaine, qui prépare une nouvelle manifestation pour le dimanche 20novembre. «Il y a un consensus des élus pour la fermeture dominicale, toutes tendances confondues» au nom notamment de la défense du commerce de proximité, renchérit Honoré Puil, vice-président PRG de l'agglomération rennaise, en charge de l'urbanisme commercial. Pivot du collectif qui manifeste le dimanche devant l'Intermarché de La Mézière, au nord de Rennes, Alain Visset, un retraité du commerce, n'entend pas non plus baisser les bras. Le travail dominical «ne rapporte rien de plus ou presque aux caissières, qui ne sont pas payées double ce jour-là», contrairement à une opinion répandue, souligne-t-il. Mais le patron de l'Intermarché en cause, Cédric Ducable, n'en démord pas non plus. «Si on ouvre le dimanche, c'est qu'il y a une nécessité pour nos entreprises», estime-t-il, en soulignant qu'il fait travailler le dimanche «des étudiants», et que ses rayons de détail (boucherie, fromages...) restent fermés. «J'ai 25 salariés, il faut qu'on s'en sorte», conclut-il.

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