7 février 2012
C'était hier la date butoir, auprès des administrateurs de la Sobrena, de dépôt des candidatures pour le site français le plus important de réparation navale civile.C'était aussi la veille du réexamen, aujourd'hui, par le tribunal de commerce de Brest, du dossier de la Sobrena, en redressement judiciaire. Ce déroulé ne doit sans doute rien au hasard. Le tribunal de commerce sera probablement plus confiant en sachant qu'il y a trois offres, dont il va avoir connaissance.
Une certaine émulation
Hier, Olivier Le Pichon, secrétaire général de l'union locale CGT, disait ne pas avoir connaissance du contenu des offres. Au demeurant, il est plutôt satisfait, comme Eric Landuré, délégué CFE-CGC de la Sobrena, qu'il y ait plusieurs candidats. Même chose du côté de Gérard Lahellec, vice-président du conseil régional, en charge des transports: «Il y a deux mois, nous n'étions pas dans cette situation. Cela donne aussi raison à notre combat mené contre la liquidation». Si on ne sait pas le contenu exact des propositions, les semaines passées permettent d'apporter des éléments. Eiffage, grand groupe de BTP, a été sans doute le premier à s'intéresser, sollicité d'ailleurs par les pouvoirs publics. Ce groupe, qui dispose d'une filiale réparation navale à Saint-Nazaire, a probablement approché la réparation navale brestoise en se disant que ce positionnement «vertueux» pouvait lui être aussi utile pour les énergies marines renouvelables, créneau sur lequel le port du Ponant a des ambitions.
217 salariés aujourd'hui
Initialement, on a entendu qu'il était sur une reprise de 100 à 110salariés (l'effectif, de 237 en septembre dernier, est de 217 aujourd'hui). La semaine dernière- peut-être l'effet d'une certaine concurrence - il semble qu'il ait été plus question de 130 à 135. Gibdock, lui, chantier de Gibraltar connu, dont les finances sont américaines, est venu à Brest et a dit à des interlocuteurs qu'il reprendrait 160 personnes. Travaillant d'une certaine façon à l'anglo-saxonne, il a demandé un certain nombre de pré-accords. Ce qui a été modérément bien perçu et ne s'est pas fait. En déposant une offre, il reste visiblement intéressé. Le troisième, Damen, un groupe hollandais très important, n'a pas fait de l'effectif, quand il est venu la semaine dernière, un élément déterminant. Certains ont conclu qu'il reprendra alors l'ensemble. Ce groupe, qui serait en capacité aussi d'amener de la charge, n'aurait pas sur l'ensemble de ses 35 implantations une cale aussi grande que la forme de radoub 3 à Brest. Difficulté: il semble penser qu'il puisse exister un usage privatif des formes-trois à Brest- alors qu'il s'agit de concessions, avec possibilité de plusieurs utilisateurs. Les grutiers interviennent aussi à Brest tant pour la réparation navale que le port de commerce.
Possibilité d'améliorer
Par ailleurs, les candidats estiment probablement que leurs propositions ne seront viables que si certains accords d'entreprise sont revus. Bref, il y a sûrement des clauses suspensives et un certain nombre de choses, notamment sur le droit, à clarifier. Ce sera l'enjeu des quinze jours à trois semaines qui viennent, délai durant lequel le contenu des offres peut légalement aussi progresser. Avant un plan de cession probablement présenté à la fin février.

23 mai 2012 à 11h31

23 mai 2012 à 07h17

23 mai 2012