28 juin 2008
Voir son site web en partie copié et réutilisé par un autre. C'est l'expérience vécue à deux reprises par MBA Multimédia, en Ille-et-Vilaine.
Un site internet peut-il devenir un produit de contrefaçon comme un sac à main Vuitton ou une montre Rolex ? Régis Le Guennec, fondateur d'une agence de communication à Vern-sur-Seiche (35), vient d'en faire la désagréable expérience.
MBA Multimédia (douze salariés) est à l'origine entre autres du site web des Cuisines Jean-Louis Morel à Fleurigné (Ille-et-Vilaine). Or, sa création pour le cuisiniste a semble-t-il très largement inspiré une autre agence de communication pour son propre site. Une société qui plus est voisine (Rennes) et fondée par l'un de ses anciens collaborateurs !
Plagiat subtil
Bien sûr, le plagiat présumé est subtil. Boutons similaires, formes graphiques proches, il faut être expert pour se rendre compte de la supercherie. Mais MBA Multimédia a acquis au fil des ans une « touche » créative propre et donc facilement identifiable. Pas de doute possible, le constat d'huissier s'impose et le dossier vient d'être transmis à la justice. Une affaire qui, si l'on en croit les spécialistes, n'est pas un cas isolé.
« La technique est simple, explique Régis Le Guennec. Il existe des "aspirateurs" de sites web qui chargent en quelques minutes le contenu. Après, il suffit de changer le nom, le logo, etc. ». Le directeur de MBA sait de quoi il parle. En début d'année, son agence en avait déjà fait les frais.
L'affaire des Tunisiens
« On nous a prévenus qu'un groupement de graphistes tunisiens avait entièrement copié notre site web ». Des contrevenants qui n'ont pas fait dans la dentelle. À part le changement de nom du site, l'ensemble de la création graphique de MBA se retrouvait ainsi dupliquée. Jusqu'aux mentions légales de l'agence rennaise que les Tunisiens avaient omis de modifier !
Reste que pour une petite entreprise française, porter plainte contre un site tunisien, c'est compliqué. MBA aurait certainement eu plus à perdre dans une longue procédure judiciaire. Alors, Régis Le Guennec s'est battu avec ses armes. « On les a prévenus qu'on était au courant et on a fait une page sur le web pour se moquer d'eux », indique avec le sourire le dirigeant. Le « buzz » sur la toile a fait le reste. « Leur nom a été racheté et je pense qu'ils ont disparu ». Le Rennais reste toutefois vigilant. L'actualité récente lui démontre que la propriété intellectuelle, sur le web, est un combat de tous les instants.
16 mai 2012 à 10h12
16 mai 2012

16 mai 2012

16 mai 2012