12 juin 2009 - 2 réactions
Leclerc : «On ne veut plus être les boucs émissaires».
«Producteurs de lait, pouvoirs publics, médias. Tous désignent la grande distribution comme principal responsable de la crise actuelle. On ne veut plus être les boucs émissaires. La crise est surtout due à la surproduction et à la non-valorisation de la poudre de lait issue d'Europe et d'ailleurs». Philippe Cousyn, le président de la Scarmor, la centrale d'achat de Leclerc, toujours bloquée au Relecq-Kerhuon, a voulu remettre les pendules à l'heure ce midi. «Nous ne prenons pas de marges de 40% comme le disent certains. Notre marge, une fois les frais fixes réglés, se situe entre 1 et 2%. Point.»
«Si le monde agricole est à vif, celui de la distribution aussi». Le patron de la Scarmor veut sortir rapidement de cette crise qui «donne une image «désastreuse» de la Bretagne et «risque de s'amplifier aux producteurs de porc et de fruits et légumes». Il a renouvelé sa proposition de reverser aux producteurs dix centimes sur le prix de vente de la brique de lait, «un geste exceptionnel, mais seulement possible sur une période trois mois». Cette proposition est liée à la levée des blocages. Philippe Cousyn souhaite enfin que les pouvoirs publics «fassent leur boulot». «C'est à eux de régler le problème».
Intermarché: «Mettre les marges à plat».
Eric Mozas, le président des enseignes alimentaires d'Intermarché, parle de «<TH>conséquences énormes<TH>» depuis le début du blocus. Hier, huit plates-formes sur les 22 du groupement, dont deux en Bretagne (Saint-Gérand et Rostrenen) étaient touchées. «Si le blocage se poursuit, l'approvisionnement des magasins, qui manquent aujourd'hui de produits frais, lait, yaourt, légumes, viandes, va devenir problématique.A un moment, nous devrons fermer nos magasins, qui sont tenus par des chefs d'entreprise indépendants». Eric Mozas redoute aussi la réaction de ces derniers et celle de leurs personnels pour libérer les bases logistiques. «Pour l'instant, nous avons pu éviter le chomage technique, mais ça ne pourra pas durer longtemps». Eric Mozas demande la mise en place d'urgence par les pouvoirs publics d'un observatoire des marges et des prix «où chacun des intervenants mettra à plat ses marges et ses prix. Cela permettra d'aboutir à une répartition équitable des marges. Nous avons donné notre accord». Et de faire remarquer que les distributeurs n'ont pas été conviés aux négociations sur le prix du lait en mai et début juin. «Il faut arrêter de tirer sur nous».
Carrefour : «Renégocier le prix du lait».
Selon Arnaud de Lauzières, le responsable de Carrefour pour l'Ouest, «la fin du conflit passe par une renégociation du prix du lait ». Il rappelle cependant que le marché laitier est européen et que le prix du litre de lait est plus élevé de dix centimes en France qu'en Allemagne. «Ce n'est pas en bloquant les plates-formes et les magasins que les problèmes vont se régler». Il souligne que Carrefour est favorable à la mise en place d'un observatoire des prix.

23 mai 2012 à 11h31

23 mai 2012 à 07h17

23 mai 2012