17 juin 2009
Le 30 juin, le tribunal de commerce de Lyon doit acepter ou non les offres de reprises de la fonderie SBFM, à Caudan, faites par le groupe espagnol CIE Automotive. Les exigences sont jugées au Pays de Lorient, comme inacceptables.
Hier matin, à la lecture des conditions suspensives à la reprise de la SBFM émises par le fondeur espagnol, l'ensemble du personnel a arrêté le travail. L'usine est bloquée et occupée. Dans 15 jours, le sort des 538 salariés sera scellé. Les syndicats, CGT et CGC, réclament une table ronde. Mais le temps presse et les exigences du repreneur semblent insurmontables.
Inquiétude depuis octobre2008
Cela fait des mois que l'incertitude plane sur l'avenir de cette fonderie longtemps propriété du groupe Renault. Au mois d'octobre, le préfet du Morbihan avait décidé de mettre en place une cellule de suivi pour «favoriser la reprise du dialogue social.» À l'époque, en grande difficulté financière, la SBFM était intégrée au groupe italien Zen. La CGT craignait un plan social. Depuis, la situation n'a fait qu'empirer. Le groupe Zen a été liquidé par le tribunal de commerce de Lyon. L'actionnaire unique de la SBFM a été écarté de l'entreprise par ce même tribunal alors qu'il proposait, en février, un plan social de 237 licenciements et le transfert d'une activité vers l'entreprise New Fabri à Châtellerault (en liquidation judiciaire depuis lundi: 370 salariés concernés). Le tribunal de commerce de Lyon et la mobilisation du Pays de Lorient comme des politiques et des pouvoirs publics ont permis de passer le cap.
Une seule offre jugée inacceptable
Aujourd'hui, l'entreprise est au pied du mur. Le groupe Zen n'existe plus. Un seul industriel a fait une offre de reprise: CIE Automotive. Mais les conditions suspensives à la reprise ne sont pas acceptées par le personnel. Les Espagnols exigent un volume de production de 50.000 tonnes avec augmentation du prix des pièces de 10% jusqu'en 2011. Aujourd'hui, la SBFM ne produit que 30.000 tonnes annuellement et Renault s'est engagé pour un volume dépassant à peine les 20.000 tonnes. L'entreprise est jugée non viable à 30.000 tonnes. Ils proposent d'investir 21MEUR sur le site, si les constructeurs et l'État font de même (21MEUR chacun).
Un plan social
Pire, le repreneur prévoit de ne reprendre que 320 à 370 salariés sur les 538 et de faire participer les clients au plan social. Il souhaite renégocier un nouvel accord collectif avec le personnel et veut analyser le plan amiante dont pourraient bénéficier près de 150 salariés d'ici à 3 ans. «C'est pire qu'en février, a martelé hier Pierre Le Ménahès, délégué CGT. C'est un plan de non reprise de l'entreprise. Il nous reste 15 jours pour négocier...» L'action syndicale s'est engagée dès hier. L'occupation de l'usine s'est poursuivie par une manifestation dans les rues de Lorient (ci-dessus) et une rencontre à l'hôtel de ville comme à la sous-préfecture. Hier soir, des actions nocturnes étaient envisagées dans le Pays de Lorient. Leur souhait: qu'une table ronde entre tous les acteurs de la reprise se réunisse au plus tôt à Lorient.
