2 juillet 2009 à 09h35
Les chantiers navals STX (ex-Chantiers de l'Atlantique) livreront samedi à Saint-Nazaire un nouveau paquebot géant à l'armateur italien MSC, sur fond d'inquiétude devant un plan de charge aujourd'hui réduit à trois navires.
D'ici juin 2010, les chantiers doivent encore livrer le Norwegian Epic, un nouveau géant des mers pour la compagnie NCL (325 mètres et 2.109 cabines), un paquebot MSC de la classe Musica (294 mètres, 1275 cabines) et un bâtiment de projection et de commandement (BPC) pour la Marine nationale.
Deux nouveaux paquebots?
Mais le BPC ne représente qu'un peu plus de 20% de la charge annuelle des chantiers et dans moins d'un an les chantiers se retrouveront sans aucun navire à construire.
Tous les regards chez STX sont rivés sur les négociations en cours depuis un an avec la compagnie MSC pour deux nouveaux paquebots. Des négociations qui n'ont toujours pas abouti, au grand dam de la direction et des syndicats.
La CGT en appelle à l'Etat, actionnaire à 33,34 % de STX France (49,9% avec les parts d'Alstom) pour qu'il se positionne "rapidement pour apporter une solution sur le plan financier dans le but de concrétiser ces commandes".
Déjà du chômage partiel
"Le chômage partiel nous touche déjà, il nous faut une commande le plus rapidement possible", assure Jean-Michel Savary de la CGT.
La direction a jusqu'à présent évité au mieux le chômage partiel sur le site en pratiquant du "redéploiement des salariés en interne et en externe" et en faisant bénéficier 700 salariés de "plus de 30.000 heures de formation", explique Eric Breux, directeur des ressources humaines et de la communication de STX.
Besoin vital d'une nouvelle commande
Des mesures appréciées par de nombreux syndicalistes qui craignent cependant qu'elles ne suffisent plus si aucune commande n'intervient rapidement.
Du côté de la direction, "on fait tout pour avoir la commande MSC et on continue la diversification off-shore", assure M. Breux. Les bureaux d'étude travaillent déjà sur le marché de l'off-shore et "nous avons signé de petits projets dans le domaine du pétrole, du gaz", précise le responsable.
Le spectre d'un nouveau plan social
Mais dans les ateliers du chantier naval le travail va rapidement venir à manquer, notamment dans la fabrication de coque métallique. "Les gens voient bien que ça ne va pas" et si le spectre d'un éventuel plan social en cas d'absence de nouvelles commandes est encore un sujet tabou, "ça flotte quand même au-dessus de nos têtes", note M. Savary.
"Ce qu'il nous faut maintenant ce sont les deux MSC, c'est clair. A la rentrée si on n'a rien on est mal", affirme le syndicaliste.
