23 novembre 2009
11mars dernier: le tribunal de commerce de Saint-Brieuc a tranché. Yann Doffin, 35 ans, gérant de la société Pierreval, est choisi comme repreneur de Céléos. Placé en redressement judiciaire six mois plus tôt, le promoteur immobilier breton connaît une véritable saignée au niveau de ses effectifs: sur les 488 salariés présents au moment du dépôt de bilan, seuls 74 sont conservés. Aujourd'hui, huit mois après la cession, la nouvelle société - baptisée BC Partners - est toujours en vie et tente de repartir sur des bases saines.
Engagements sur les chantiers respectés.
Au moment de la reprise, Yann Doffin avait pris deux engagements: finir les programmes engagés et commercialiser les lots restants. «Aujourd'hui, nous y sommes presque arrivés», se félicite le président du conseil d'administration. Selon le patron de BC Partners, depuis mars, 1.000 logements ont été livrés et 450 lots ont été commercialisés. Non sans difficultés. «Être le repreneur de Céléos a été problématique. Pas tant du côté des banques et des clients, mais surtout auprès des entreprises. Cela a été compliqué de retrouver leur confiance». Reste que l'objectif d'un résultat net positif au bout de deux ans devrait être atteint. «Je n'ai pas d'inquiétude là-dessus», poursuit Yann Doffin qui a même commencé à réembaucher puisque quatre personnes en CDI sont venues gonfler les effectifs.
Objectif: 10% de croissance.
Depuis juin, BC Partners s'est lancée dans le développement de nouvelles opérations. À ce jour, huit ont été lancées, notamment à Plabennec (29), Lannion (22), Plomeur (29) et Lanester (56). Portée par le marché, l'entreprise (dont le siège social est toujours basé à Plérin) a tourné le dos à la défiscalisation. Pour s'orienter vers l'investissement locatif dans les grandes et moyennes agglomérations. Quant à l'objectif de croissance, il a été fixé à 10%.
Nouvelles méthodes.
Au siège de BC Partners, les hommes ont changé. Les habitudes également. «Nous contrôlons beaucoup plus les dépenses et les voitures ne sont plus les mêmes», annonce un Yann Doffin peu enclin à mener le même train de vie que ses prédécesseurs. Mais le diplômé d'HEC n'a pas pour autant souhaité tirer un trait sur les années Céléos. Il s'affaire
même à mixer la méthode de travail des deux structures. L'une spécialisée dans la gestion (Pierreval) et l'autre dans la commercialisation (BC Partners). Conscient que Pierreval n'a jamais bénéficié «d'une image forte», le patron de BC Partners s'ouvre peu à peu à la publicité, en s'appuyant sur l'expérience des anciens de Céléos. «Le but, c'est de garder nos règles de gestion tout en prenant la créativité de Céléos».
Deux entreprises, une direction.
Si Pierreval et BC Partners gardent chacune son nom commercial, leur direction est aujourd'hui commune et composée à part égale par les hommes de Yann Doffin et les anciens cadres de Céléos.
Le groupe constitué par les deux entités compte 130 salariés et réalise 50millions d'euros de chiffre d'affaires par an. Depuis quelques jours, Gilles Cadoudal n'en fait plus partie. L'ancien patron de Céléos ne sera finalement resté que quelques mois dans la nouvelle structure. «Nous en avons pris acte. Sans regret, ni joie. C'est quelqu'un qui avait de très bonnes idées. Humainement, j'ai beaucoup appris à ses côtés. Mais, a priori, il n'était pas indispensable», tranche Yann Doffin.

23 mai 2012 à 11h31

23 mai 2012 à 07h17

23 mai 2012