Restaurants. Où sont les baisses des prix ?
En échange de la baisse de la TVA à 5,5%, les restaurateurs s'étaient engagés, dès cet été, à baisser les prix des repas et à embaucher du personnel. Le premier bilan est maigre. Ils vont rendre des comptes aujourd'hui à Bercy.
Début septembre, Bercy a reconnu que seuls 40% des restaurateurs avaient joué le jeu. Selon l'Insee, les prix dans les restaurants n'ont pas bougé en septembre, alors que dans le même temps les prix à la consommation ont baissé de 0,2%. Dans les cafés, juillet enregistre une baisse de 0,1%, mais août une hausse de 0,4%. La Cour des comptes a également épinglé la profession, estimant que «seuls 6.000 emplois pourraient être créés à long terme», et non les 20.000 emplois pérennes annoncés auxquels s'ajoutent 20.000 contrats de professionnalisation.
Piqûre de rappel
Le président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) du Morbihan, Jean-François Sarrazin, réclame un brin d'indulgence. «Il n'est pas raisonnable d'accuser la profession après seulement trois mois de recul, rappelle-t-il. Nous nous sommes engagés sur trois ans». Le responsable professionnel explique que le passage de la TVA de 19,5% à 5,5% a déjà permis à 15% des entreprises bretonnes de ne pas déposer leur bilan et de sauvegarder l'emploi. «Celles qui étaient en meilleure santé ont pu refaire leur trésorerie et vont pouvoir maintenant enclencher la vitesse supérieure, nous allons leur administrer une piqûre de rappel».
Un moratoire
Répondant aux griefs de la Cour des comptes sur le volet social, Jean-François Sarrazin est convaincu que le défi des 20.000 emplois pérennes sera relevé. «Sur les dix dernières années, la moyenne des créations a été de 15.000 emplois par an», rappelle-t-il. Plusieurs voix s'élèvent contre «la parole non tenue». Eric Ciotti, député UMP des Alpes Maritimes a demandé à François Fillon de mettre en place un moratoire sur la baisse du taux de TVA. Cette baisse doit, selon lui, «être assortie d'un engagement contractuel individualisé pris par chaque établissement et non par des organisations professionnelles».
Une facture de 2,4milliards
Un autre député UMP, le Finistérien Jacques Le Guen pense que le moment était «mal choisi pour priver l'Etat de 2,4milliards d'euros de recettes fiscales» (*). Il préconise de supprimer l'exonération des charges pour les restaurateurs et hôteliers qui nourrissent leur personnel. «Ce qui permettrait de récupérer 150millions d'euros». La CFDT s'étonne que l'Etat se contente de passer un «simple contrat moral pour un montant de trois milliards d'euros». La CGT est favorable à «une obligation de respecter le contrat, sous peine de sanctions». Selon l'UFC-Que Choisir, «la profession doit se justifier». Les neufs syndicats de restaurateurs sont convoqués cet après-midi par le secrétaire d'Etat au Commerce. Ils devront se mettre à table.
*) Trois milliards de pertes de recettes fiscales moins 600millions, grâce à la suppression d'aides directes.
7 réactions
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nowonshow
Courage
Dans 9 restaurants sur 10, je parle de la ville de Paris : on se moque du monde. Des non professionnels, qui réchauffent des plats préparés à l'avance, et qui emploient, pour la plupart, des travailleurs pakistanais, ou autre main d'oeuvre sous payée, quand elle est déclarée.
Quant aux brasseries, c'est particulièrement lamentable. Ces établissements fonctionnement sur les mêmes schémas depuis plusieurs décennies. Non seulement les cartes restent les mêmes, mais le pain est mou, la salade fatiguée, la viande dure, les frites grasses. Un sandwich baguette ça peut être délicieux. Idem pour une salade. Mais les produits frais, ça demande un effort, et peu d'établissements font cet effort.
Voilà dix ans que je vis dans le 2e, quartier palais-royal. Je mange tous les jours au restaurant. Il y a longtemps que j'ai éliminé les brasseries. Une seule est intéressante. Pourquoi celle-ci et pas les autres ? Question de direction, de professionnalisme, d'honnêteté.
Quant aux prix pratiqués, c'est véritablement scandaleux. Rien ne change, donc, si ce n'est la TVA. Et cela ne profite, comme toujours, qu'aux médiocres. Moi, je me moque de payer 20 cts d'euros de moins le café au comptoir, ou un plat 10 euros au lieu de 12. Je veux, ce que nous voulons tous, de la QUA-LI-TE. Quant au service, parlons-en. On passe du je-suis-là-mais-bientôt-je-serai-mannequin-chez-Armani-et-je-t'emmerde des restos branchés, au type totalement autiste et en fin de course des brasseries parisiennes. SCANDALE. En résumé : soit payer très cher (et encore), soit bien connaître son quartier, pour ne pas se faire avoir. Courage.
Ajouté le 14 octobre 2009 à 18h36
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celti roma
réflechissez un peu!!!!
Je suis gérante d'un petit restaurant en centre finistère. Apres avoir lu votre article je me suis demandée: Mais que vont penser les clients? Que restaurateur rime avec voleur? Je suis désolée mais personnellement la baisse de tva nous permet de remonter le découvert. Nous avons récemment embauché 1 personne en cdi, mais pour combien de temps?! On ne peut pas tout faire( embaucher, baisser les prix...). Il ne faut pas généraliser!!!!
J'aimerais baisser quand meme mes prix, mais quelques centimes sur 1 plat, à votre avis, ca représente quoi pour les clients? rien. et pour nous quelque centimes sur chaque plat représente la clé sous la porte. Alors merci beaucoup et félicitations pour votre article m.Yves Drévillon
Ajouté le 14 octobre 2009 à 13h29
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RENARD
promesses
comme quoi au petit jeu des promesses le gouvernement (qui sait de quoi il en retourne) n'est pas toujours gagnant........
Ajouté le 14 octobre 2009 à 07h43
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EvaN
MightyNovelli :)
Pas mal Novelli, il avance tambours battants au devant du lobby des restaurateurs avec courage, comme il a fait par ailleurs avec le lobby des artisans pour l'AE.
Bravo, il réussira à les faire plier, c'est certain.
Ajouté le 15 octobre 2009 à 16h45
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pulpo
augmentation déguisée
je suis artisan et tous les mois je fais une balance entre TVA encaissée et décaissée, aussi j'ai du mal à comprendre que les restaurateurs ne soient pas capables de répercuter la baisse de tva. Une entreprise doit toujours considérer que la tva ne fait que transiter par son compte bancaire et raisonner en H.T.
résultat les prix ont augmenté de 15 % !!! sur le dos des consommateurs.
Ajouté le 14 octobre 2009 à 07h53
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matt22
doit on payer les gens pour aller au restau?
je suis employé dans la restauration, une petite structure où je suis le seul employé et je suis scandalisé par certains des commentaires que je lis! il faut remettre les choses dans leur contexte: l'accord a été passé entre l'état et des syndicats qui ne représentent que les chaines et les grosses structures. la majorité des restaurateurs ne sont pas syndiqués et n'ont pas été consultés à l'epoque. Les "actionnaires des restaus"? je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de restaus en france qui soient gérés par des actionnaires mais plutot par des petits patrons qui se serrent la ceinture pour maintenir leur actvité. Mais il est vrai que certains voudraient sans doute etre payés pour venir manger au restaurant. Avant de baisser les prix ou d'embaucher la préoccupation actuelle est surtout de sauvegarder les emplois existants. Actuellement ce sont six restaurants par jour qui ferment en France, autant d'emplois qui disparaissent...
Ajouté le 14 octobre 2009 à 10h50
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cape...
Fallait s'y attendre...!
peu ou pas de contrôles qui de toutes façons restent informels, puisque qu'il n'y a pas de relation contractuelle entre l'état et les restaurateurs.....
quelques plats sur lesquels ont fait "royalement une ristourne au consommateur" de 10 ou 20 cts et le tour est joué....
au final : les affaires solides continueront à prospérer mais ne reverseront que 5.5% de tva à l'état, n'embaucheront pas d'avantage, le bénéfice dégagé ira dans la poche des actionnaires ou du patron.
les affaires boitantes auront eu un sursis, mais tôt ou tard en cas de crise persistantes elles couleront c'est la règle de tout commerce....alors à qui profite cette baisse de tva ?
aux consommateurs?
aux salariés?
réponse : aux patrons et aux actionnaires de ces restaus.
une telle mesure sans contrepartie contractuelle s'appelle du clientélisme..(électoral sans doute).!
Ajouté le 14 octobre 2009 à 06h34