22 septembre 2011 - 2 réactions
Pêcheurs, mareyeurs, ONG représentants des ministères, élus: ils étaient tous au rendez-vous pour entendre «de la bouche» de la Commission les explications de texte sur la réforme de la PCP. Les efforts de pédagogie déployés par la Commission ont été vains. Du côté français, on le dit haut et fort: la copie est à revoir. C'est parti pour au moins un an de tractations. Tour d'horizon des points de tensions.
Rendement maximum durable (RMD).
Si personne ne conteste le RMD, dont l'objectif est de gérer dans les eaux communautaires l'équilibre entre la rentabilité des entreprises et la gestion des stocks, rien ne va plus sur le calendrier que veut imposer Bruxelles. «2015 est un objectif impossible» selon les professionnels. Trop rapide, trop brutal. Les scientifiques reconnaissent qu'ils ne pourront jamais évaluer tous les stocks d'ici 2015. Du côté français, on a dit clairement à la Commission que sur certains stocks, quand cela est possible, on acceptera le RMD en 2015 mais ce sera 2020 pour les autres.
Les rejets.
La Commission a vanté l'intérêt de «zéro rejet»: il faut tout débarquer au port et trouver une valorisation alimentaire ou non, de ces poissons rejetés. «Les bateaux sont totalement inadaptés», assure Pierre-Georges Dachicourt, président du CNPM. Si les professionnels sont d'accord pour réduire les rejets, quand cela est possible, ils hurlent contre ce calendrier brutal de Bruxelles: «À peine deux ans pour mettre en place la logistique, c'est carrément impossible».
Quotas individuels transférables.
Haro sur les quotas individuels transférables crient en coeur les Français, ONG comprises. C'est «l'outil» que la Commission a trouvé pour réduire la surcapacité: laisser le marché réguler... La Commission vante le bonheur des pêcheurs islandais, qui ont mis en place les QIT... Or, en Islande, il reste une centaine d'intervenants qui concentrent tous les droits de pêche. Résultat les pêcheurs artisanaux ont disparu. La Commission a beau dire qu'il y aura des garde-fous pour protéger les régions, les flottilles, le discours ne passe pas. «Bruxelles a totalement oublié le social!», s'insurge Sylvie Roux (CFDT).

23 mai 2012 à 11h31

23 mai 2012 à 07h17

23 mai 2012