17 décembre 2009
La négociation des droits de pêche 2010 s'est achevé, mardi, tard dans la soirée, sur un compromis, comme toujours ciselé comme une dentelle. Paris estime s'en être bien tiré et a obtenu le relèvement de plusieurs taux de capture (TAC) que Bruxelles proposait de baisser fortement. Celui de la langoustine dans le Golfe de Gascogne, par exemple, sera réduit de 5% (soit 3.665 tonnes pour 2010) au lieu de 15% demandés. La baisse est de 9% pour la langoustine du Nord (5.455 tonnes). «La France n'épuisant pas tout à fait son quota, cela revient à reconduire les capacités», explique-t-on au ministère. La réduction sévère du TAC de la sole en manche Est a, elle aussi, été ramenée de -40% à -20%, soit 2.272 tonnes. De même pour le lieu jaune en manche Est et en mer celtique, dont le TAC ne diminue que de 10%, à 9.863 tonnes, au lieu de 15%. Les quotas de cabillaud en mer celtique sont, eux, reconduits à 2.735 tonnes. La proposition de la Commission de baisse de 15% allait à rebours des avis scientifiques favorables à une hausse.
Paris bute... sur le requin-taupe
Après s'y être opposée, la France a, par ailleurs, soutenu la demande espagnole d'anticiper sur l'avis scientifique de juin pour rouvrir la pêche à l'anchois dans le Golfe de Gascogne. Sept mille tonnes seront ouvertes à la pêche. Toujours dans le Golfe, l'augmentation du TAC de sole a été remontée de 2% à 10%, à 4.426 tonnes. L'augmentation du TAC de lotte de 15% a été maintenue, à 7.721 tonnes. Paris, en revanche, n'a pas obtenu gain de cause au sujet du requin-taupe. «Nous avions demandé le maintien d'une pêche ciblée sélective à hauteur de 200tonnes», reconnaît-on au ministère, mais la Commission a tenu à fermer la pêche, dans l'attente d'un nouvel avis scientifique. L'interdiction totale de pêche de la raie brunette, décidée en 2009, n'a pas non plus pu être levée.
«Jeu désagréable»
«Pour le merlan, l'aiglefin, le cabillaud, le résultat est correct», a commenté, hier, Alain Guéguen, directeur de l'Organisation des pêcheries de l'Ouest Bretagne (Opob), de retour de Bruxelles. Mais la méthode le mécontente. «C'est un jeu désagréable. On mélange tout. On dit: ?Vous abandonnez le requin-taupe mais, en contrepartie, on vous met 10% de sole en plus dans le Golfe de Gascogne?. Les TAC sont des monnaies d'échange. Ce n'est pas sérieux, c'est même indécent», dit-il. Autant la négociation des quotas est précise, autant le contrôle de leur respect est lacunaire, au point que certaines pêcheries sont soupçonnées de dépassements colossaux. «On se bat pour 2 ou 3%, alors que l'on passe à côté de l'essentiel», ajoute le directeur de l'Opob.
23 mai 2012 à 07h17
23 mai 2012

23 mai 2012