31 mars 2009
Changement de capitaine chez Peugeot-Citroën. Exit Christian Streiff, industriel expérimenté mais impulsif, bienvenue Philippe Varin, capitaine d'industrie discret à la volonté de fer.
A 56 ans, Philippe Varin prend les commandes du groupe automobile PSA Peugeot Citroën en pleine tempête, après avoir redressé de main de maître le géant de la sidérurgie anglo-néerlandais Corus.
Redresseur d'entreprises
Son passage chez Corus, qu'il dirige depuis six ans, a valu à cet ancien de Polytechnique et de l'Ecole des mines une réputation de redresseur d'entreprises: trois ans après son arrivée en 2003, le sidérurgiste, alors moribond, a été remis sur les rails. Qualifié de «brillant» par ses proches, cet ancien rugbyman d'1,90 m «est un homme d'équipe qui a un sens très développé des relations humaines». Une qualité qui aurait fait défaut à son prédécesseur Christian Streiff. Mais derrière le flegme britannique et les allures de premier de la classe se cache une détermination sans faille, selon ses proches: il a redressé Corus à coup de restructurations douloureuses, taillé dans les coûts, fermé deux sites et supprimé 1.150 emplois. Pas étonnant que son nom ait circulé chez PSA dès 2007, pour prendre la relève de Jean-Martin Folz. Les deux hommes se sont connus chez Pechiney, où Philippe Varin était entré en 1978 comme chercheur.
«Pas de parachute doré»
Quant à Christian Streiff, débarqué sans ménagement, il a jugé «incompréhensible» la décision des actionnaires, et tenté de défendre son bilan, qui se solde cependant par 343 millions d'euros de pertes. Pas de quoi revendiquer des indemnités de départ. «Pas question», a tranché hier un porte-parole du groupe. « Les parachutes dorés ne font pas partie des pratiques du groupe», a rappelé la direction.
Sur le site PSA Peugeot-Citroën de Rennes-La Janais, 650 salariés ont répondu favorablement au plan de départs volontaires depuis le 1erjanvier 2009. 530 autres ont accepté d'aller travailler sur d'autres sites de l'entreprise. La direction de PSA avait annoncé la mauvaise nouvelle en novembre2008, suite à la forte baisse des ventes de voitures. Sur le site rennais, spécialisé dans les véhicules de moyenne et haut de gamme, 850 ouvriers professionnels, employés, techniciens, agents de maîtrise et cadres, étaient concernés par le plan de départs volontaires (3.550 au plan national). Parallèlement, 900 ouvriers polyvalents de La Janais se voyaient proposer un «redéploiement» vers d'autres sites du groupe. Trois mois après l'entrée en vigueur de ces mesures, 650 salariés de l'usine bretonne ont décidé de quitter PSA (départs en retraite, emploi dans d'autres entreprises, reconversion). 550 ouvriers ont accepté la mobilité: PSA leur a proposé une mission de trois à six mois sur d'autres sites du groupe, notamment à Aulnay-sous-bois et Poissy, qui fabriquent de petites cylindrées. A leur retour, ils devraient se voir confier d'autres missions plus longues. Le plan de départs volontaires et les mesures de mobilité s'étalent jusqu'à la fin de l'année. L'usine comptait 12.500 salariés en 2004. Fin 2009, elle devrait en employer entre 6.000 et 6.500, au terme de trois plans de départs successifs.
Châteaulin. Livbag. Le groupe Autoliv rachète les ceintures et airbags de Delphi