6 janvier 2012 - 1 réactions
Rien ne va plus chez les abatteurs-découpeurs bretons. À en croire le SNCP, c'est un secteur très fragilisé qui aborde cette année nouvelle. «Il se doit de réagir vite, pour ne pas entraîner d'autres maillons dans les difficultés», prévient Paul Rouche, son délégué général. La perte globale cumulée serait de 100millions d'euros sur un chiffre d'affaires global de 20milliards d'euros. «L'ampleur des pertes fait vaciller certains outils», indique le syndicat. L'abattage-découpe emploie 20.000 salariés en Bretagne. En cause: la hausse du prix du porc qui a augmenté en moyenne de 14% l'année dernière et que les abatteurs ne parviennent pas à répercuter à leurs clients salaisonniers ou distributeurs. «Les entreprises d'abattage de porcs sont prises en étau entre des cours à la production à leur plus haut niveau depuis dix ans et un secteur aval transformation-distribution qui maintient une pression permanente pour contenir l'envol des prix. L'export même actif ne peut à lui seul rétablir des comptes à ce point déséquilibrés», résume Paul Rouche.
«Des lois sociales d'une autre époque»
Les abatteurs-découpeurs pointent du doigt les opérateurs espagnols et allemands qui leur font une rude concurrence, en particulier au stade de la vente des pièces destinées à la transformation. Ils persistent à dire que les règles du jeu ne sont pas équitables. «La France n'est pas compétitive parce que l'Allemagne et l'Espagne connaissent une augmentation de la production très importante et qu'elles appliquent des lois sociales d'une autre époque. C'est intenable», affirme Michel Boulaire, directeur général de l'entreprise Jean-Floc'h de Locminé. Dans cette conjoncture très sombre et dans un secteur connu pour ses faibles marges, les entreprises bretonnes accusent diversement le coup. «Celles qui ne font que de l'abattage-découpe sont les plus fragilisées», indique le SNCP. On connaît, par exemple, les difficultés de la filiale porcine Gad-Cecab du groupe morbihannais Cecab. L'année dernière, le groupe a cherché à vendre en vain ses deux abattoirs de Josselin (56) et de Lampaul-Guimiliau (29). Aujourd'hui, le dossier n'est plus entre les mains du CIRI (Comité interministériel de restructuration industrielle) qui dépend de Bercy. Pour améliorer la situation des abattoirs, le SNCP suggère de relancer la promotion de l'origine française de la viande et de travailler sur la multiplication des gammes à l'image de ce qui se pratique dans la volaille. «L'image de la viande de porc n'est pas bonne. Sa consommation a baissé de 2,7% en 2011 alors que c'était la viande la moins chère du marché», se désole Paul Rouche.
23 mai 2012 à 07h17
23 mai 2012

23 mai 2012