15 octobre 2009
Les pneus s'entassent dans les garages et les récupérateurs traînent les pieds pour les collecter. En cause, des quotas dépassés, en raison de l'introduction de pneus importés, non soumis à l'éco-contribution.
Christine Challe, chargée de l'environnement au CNPA (*) explique pourquoi on en est arrivé à une telle situation.
Comment est organisée la récupération des pneumatiques en France?
Deux organismes sont missionnés pour les collecter par les fabricants et les importateurs, qui doivent acquitter une éco-contribution: 1,50EUR en moyenne pour un pneu de voiture. Aliapur collecte 80% du marché (280.000 tonnes par an) et FRP recyclage pneumatiques 40.000 à 50.000 tonnes. Ces missions sont définies pour un volume (quota) déterminé par année.
Que deviennent ces pneumatiques?
15 à 20% sont recyclés en rechapage ou en occasion, le reste se partageant entre la valorisation de la matière sous forme de granulats ou poudrette (pour terrains de sport, aires de jeux, roulettes de poubelles...), la valorisation énergétique (cimenteries) ou dans les travaux publics (reconstitution de carrières, accotements, sous-couches de chaussée...)
Pourquoi ce blocage aujourd'hui?
Aliapur dit avoir dépassé les objectifs qu'on lui a fixés. Au mois d'août, il aurait ainsi collecté 7.000 tonnes de pneus en trop. A priori, on ne comprend pas, compte tenu de la baisse d'activité dans les ateliers (de -6 à -10% de ventes de pneus). En fait, l'explication pourrait venir de l'introduction sur le marché de pneumatiques étrangers par des importateurs ou directement par des garages ou centres spécialisés, sans acquitter d'éco-contribution. Ce qui repésenterait 20.000 à 30.000 tonnes. Sans oublier les particuliers qui achètent sur internet.
Comment débloquer la situation?
Nous venons de rencontrer Aliapur pour lui demander d'essayer de résoudre, à court terme, les problèmes au cas par cas, selon les secteurs car les situations sont très diverses. Il n'est pas très logique, non plus, qu'Aliapur continue à collecter les pneus qui arrrivent en déchetterie (6.500 tonnes collectées pour cette première année) alors que ce ne sont pas ceux qui a priori ont contribué à l'éco-contribution, et pas chez les professionnels. Quant à résoudre le problème de fond, c'est-à-dire les stocks de pneus hors éco-contribution, un projet de loi prévoit d'augmenter très sensiblement le montant des amendes, qui sont aujourd'hui dérisoires; ce qui inciterait, aussi, à intensifier les contrôles. De notre côté, nous allons sensibiliser nos professionnels sur l'éco-contribution, en cas d'achats directs à l'étranger.
(*) Centre national des Professions de l'Automobile.
