4 novembre 2009
Chercher un trésor, gagner le Paris-Dakar, bâtir une ville sur PC ou console ... On connaît. Mais un garage en 3 D où on doit réparer une voiture en temps réel, c'est nouveau. Sauf que ce n'est pas un jeu vidéo mais un outil de formation.
Un outil prometteur. Le centre du Groupement national pour la formation automobile de Ploufragan (22) vient ainsi de recevoir du secrétariat d'Etat au développement numérique, 327.000 EUR pour développer son Serious game.
« Serious game»
Serious game ? «Tout simplement l'application des technologies des jeux vidéo à la formation professionnelle», expliquent Francis Gasnier et Christophe Lobert (responsables régionaux du GNFA). Du sérieux? Rien d'étonnant de la part d'un organisme qui forme 7.000mécaniciens par an à Saint-Brieuc ou à distance (15.000 connexions possibles en simultané). Mais du ludique, aussi, car ce garage en 3 D est bluffant de réalisme. Mettre le véhicule sur le pont, brancher un outil de diagnostic, démonter des pièces... tout est possible, comme en vrai, le but étant de remplir sa mission (réparer la voiture) en mobilisant son savoir-faire et une panoplie de médias (vidéo, documentation, schémas...). Et si ça coince, il est toujours possible de s'adresser au formateur, dans l'atelier du GNFA ou en ligne, si le stagiaire se trouve dans son garage.
Une révolution
«On aura toujours besoin de stages en ateliers et ces solutions devront permettre de répondre aux besoins grandissant de formation dans un contexte de mutations technologiques importantes». De même, la perspective de réduire les temps de déplacement et d'absence en atelier, mais aussi les frais d'hébergement, de restauration et de transport, sans parler des possibilités d'une véritable formation à la carte, va faire évoluer rapidement les pratiques. Autre intérêt : le garage 3 D permettra aussi de mieux mesurer les compétences du stagiaire : «Cet e-profil intéresse beaucoup les constructeurs».
800.000 EUR de développement
Quoi qu'il en soit, les réactions des stagiaires face au module vont être testées en mars 2010; le développement des contenus devrait suivre, tous modèles et marques confondus. Le projet suscite énormément d'intérêt. Des Coréens, Palestiniens, Hollandais et Allemands sont venus voir ce qui se prépare à Ploufragan. Des Malaisiens sont attendus cette semaine. Reste à mener le projet à son terme. Le «joujou» est coûteux : 800.000 EUR au total. Tous les partenaires sont donc les bienvenus. L'aide de la Région a été sollicitée. «On peut aussi très bien imaginer un outil commun avec des secteurs comme l'aéronautique ou la marine». Il serait dommage, avec un tel potentiel de développement économique local, qu'un tel outil reste en panne.
