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Pêche. Un fonds régional d'investisseurs privés

10 février 2012

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Des bateaux neufs pour la pêche hauturière construits grâce à un fonds abondé majoritairement par des privés. C'est l'idée du Conseil régional qui donne naissance à un dispositif innovant.

Réuni en session budgétaire la semaine dernière, le conseil régional a franchi une étape supplémentaire dans la création de son fonds d'intervention pour la pêche. Lancé pour accentuer le renouvellement d'une flotte hauturière jugée vieillissante et insuffisamment rentable du fait de leurs coûts de maintenance, ce projet avait été validé courant juin. Devant la collectivité, Jean-Yves Le Drian avait détaillé cet engagement inscrit dans le programme pêche et aquaculture 2011-2014. Ce «fonds pêche durable en Bretagne» diffère des précédents dispositifs d'aides puisqu'il présente la particularité d'être composé majoritairement de fonds privés. «Des banques et d'autres investisseurs qui ont jusqu'à fin mars pour répondre à l'appel de manifestation d'intérêt», explique Gaël Le Meur, conseillère régionale de Concarneau, intervenue sur ce dossier que porte Isabelle Thomas.

«Ce qu'on fait là n'existait pas»

«Ce qu'on voudrait, c'est que toute la filière s'y investisse, les équipementiers, les chantiers navals...», détaille justement la vice-présidente chargée de la pêche. Elle travaille depuis bientôt 18 mois sur le caractère «euro-compatible» d'un dispositif qui, ajoute-t-elle, «n'a pas de rapport avec les aides précédentes, ce qu'on fait là n'existait pas». Par le biais de cette SAS réunissant public et privé, la Région espère pouvoir lever jusqu'à 26MEUR. Un investissement qui sera consacré à la rénovation de chalutiers dont l'âge moyen est de 25 ans mais surtout à la construction de nouvelles unités. L'objectif est d'arriver à mettre à l'eau une dizaine de navires d'ici les 36 prochains mois.

«Pas refaire les bateaux des années 70»

«Au moins deux bateaux neufs par an, souligne Isabelle Thomas. Mais il ne s'agit pas de refaire les bateaux des années 70, il faut qu'ils soient performants en termes de consommation énergétique, mieux équipés.» Car la dimension pêche durable est l'une des conditions à respecter pour pouvoir bénéficier de ce fonds. Un référentiel sur lequel insiste la vice-présidente qui annonce un premier tour de table des investisseurs vers la mi-avril. D'ici cette échéance, se poursuivront les autres étapes de création de ce fonds: désignation d'un gestionnaire, mise en place de la gouvernance et d'un comité technique au sein duquel elle aimerait voir entrer l'État et les principaux interlocuteurs du monde de la pêche.

  • Stéphane Cariou
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