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Pêche. L'Ouest refuse «la politique de la table rase»

30 septembre 2009

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Correspondance à Bruxelles.
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«Ne jetez pas le bébé avec l'eau du bain»: c'est la prière adressée par la Bretagne à Bruxelles au sujet de la politique européenne de la pêche. Elus et représentants professionnels de cinq régions de l'Ouest terminent aujourd'hui une tournée de lobbying de trois jours dans la capitale européenne, où ils se sont retrouvés paradoxalement en situation de défendre la PCP auprès de la Commission! En avril, le Commissaire Joe Borg n'y était alors pas allé de main morte en présentant une première esquisse de ce que pourrait être une politique européenne de la pêche à l'horizon 2013. Stigmatisant les «88% de stocks surpêchés», il avait plaidé pour «une approche radicalement nouvelle».

Contrepropositions

Ce virage à 90°, inquiète Jannick Moriceau, vice-présidente de la région Bretagne en charge de la pêche. «On ne veut pas d'une politique de la table rase», dit-elle. «C'est catastrophique de balancer un livre vert qui dit que rien ne fonctionne», renchérit André Guéguen, directeur de l'Organisation des pêcheries de l'Ouest Bretagne. Les représentants des régions étaient donc venus avec des contrepropositions. «Les ressources halieutiques doivent rester des biens communs», insiste Jannick Moriceau. L'idée de quotas individuels transférables, caressée par la Commission, la rebute. «Nous souhaitons que la gestion soit plus décentralisée; la situation est différente en Italie du Sud, au Danemark ou en Bretagne et appelle des mesures différentes», ajoute-t-elle, plaidant pour qu'un rôle plus exécutif soit confié aux Comités consultatifs régionaux, ces organisations installées au niveau des grands bassins maritimes. Pour André Guéguen, «le problème de l'Europe, c'est celui des sanctions» qui, en pratique, mettent actuellement plusieurs années à être mises en oeuvre. Il reste aux Français à convaincre leurs partenaires. Ils tenteront de le faire cette semaine à Göteborg où se réunit la Conférence des régions maritimes périphériques, qui jouit d'une réelle influence auprès de la Commission. Mais la tâche sera ardue, car Joe Borg a aussi ses partisans. «Les quotas transférables doivent faire partie de la discussion», expliquait hier l'eurodéputé suédoise Isabella Lövin, venue écouter les propositions françaises.

  • Florence Autret
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