Pêche. « Elle obéit à une logique à la Madoff» [Réagissez!]
Selon le chercheur Daniel Pauly, spécialiste des ressources marines, la pêche fonctionne dans une logique de fuite en avant «à la Madoff» où l'on tente de camoufler les pertes de stocks de poissons en ratissant les mers du globe.
«Comme toutes les ressources communes, le poisson a besoin de la puissance publique pour instaurer des règles d'utilisation», explique Daniel Pauly, en marge du salon Seafood Summit qui se tient jusqu'à aujourd'hui à Paris. Ce chercheur français qui enseigne à l'université de la Colombie britannique, à Vancouver (Canada), fut l'un des premiers à tirer la sonnette d'alarme sur l'inquiétante baisse mondiale des stocks de poissons.
Vous comparez le fonctionnement de la pêche mondiale au système mis au point par l'escroc américain Bernard Madoff. Pourquoi?
«Sur le poisson, on ne devrait pêcher en quelque sorte que les intérêts, le stock étant le capital. Or, ce n'est pas du tout ce qui se passe: on pêche le capital, et ensuite on en cherche un autre. On travaille sur de plus en plus d'espèces, de plus en plus d'espace, et de plus en plus de profondeur. Sur ces trois axes, il y a eu une expansion continue qui ne maintient pas les stocks qu'elle exploite. Il y a une analogie avec Madoff: au bout d'un certain temps, cela finit toujours par s'écrouler».
Historiquement, comment la situation a-t-elle basculé?
«L'exemple évident est la morue: elle a été pêchée pendant des siècles jusqu'à une profondeur d'une centaine de mètres. La plus grande partie du stock était en profondeur, les morues qu'on attrapait étaient en quelque sorte excédentaires. Dans les années 50/60, les chalutiers sont arrivés, sont allés les chercher en profondeur, et tout s'est écroulé. La durabilité des pêches des siècles précédents était basée sur le fait que nous n'avions pas accès à certaines aires de distribution de poisson».
Dans quelle mesure la sauvegarde des espèces implique une nouvelle politique de la pêche?
«On ne peut pas avoir des stocks en bon état et des pêcheries rentables en subventionnant la surpêche et en acceptant toutes les concessions que les pêcheurs demandent. C'est vrai à travers l'Europe et c'est encore plus vrai en France car on a même plus les mots pour décrire ce qui se passe. Par exemple, dans le Grenelle de la mer, on avait de la peine à discuter des subventions parce que les professionnels qui étaient représentés ne voulaient pas qu'on utilise le mot ?subventions?, il fallait parler d'?ajustements? ou toutes sortes d'euphémismes».
Certains pêcheurs dénoncent des prévisions alarmistes qui ne correspondent pas à la réalité du terrain. Que leur répondez-vous?
«Les pêcheurs disent que les scientifiques se trompent toujours, et en plus, toujours de la même façon, en sous-estimant les stocks. C'est quand même un peu bizarre, non? Combien y a-t-il de tonnes de poissons dans l'eau? les pêcheurs ne le savent pas. Les scientifiques, on peut leur reprocher des tas de choses, mais, en général, ils ne sont pas payés directement par l'industrie sur laquelle ils travaillent».
13 réactions
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ligneur de bar
Et le massacre du bar ?
Tout à fait d'accord avec l'article et avec la réaction précédente... Dommage qu'on ne s'intéresse pas d'un peu plus près à ce qui se passe chez nous, le long de nos côtes bretonnes. Je parle du massacre organisé du bar, qui se fait en toute impunité. : aucun article dans la presse quotidienne régionale, ou si peu, aucun chiffre, aucune allusion.
Sait-on que de grosses unités pêchent des tonnes de bar en ce moment, alors que c'est la période de reproduction de ce poisson ? Sait-on que cette espèce est menacée ? Que les ligneurs et les plaisanciers n'en pêchent quasiment plus ? Ce poisson est bradé par les pélagiques pour leur seul profit, alors que ces mêmes bateaux sont condamnés de toute façon, car plus viables vu la diminution de la ressource.
Ajouté le 2 février 2010 à 12h15
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roos...
A quand l'anti promotion du poisson?
A l'heure où l'on mène des recherches importantes, scientifiques, technologiques, "communicantes" pour valoriser le poisson, devenu presqueun alicament (oméga 3, anti obésité, anti OGM....) et ou l'on multiplie ls campagnes de communication pour inciter la population à consommer du poisson; n trouvez-vous pas indescent de sans cesse taper sur le dos des pêcheurs dont le métier est d'abord de nourrir la population, de plus en plus avide de ce trésor de bienfaits pour la santé, malgré des prix, à l'étalage, de plus en plus élevés? Pourquoi ne pas dire au consommateur, arrêtons de manger du poisson, le temps que la ressource se renouvèle.... Les pêcheurs seraient traités sur un pied d'égalité avec les industriels et la distribution qui fait tant d'éffort pour valoriser le produit de leur labeur!
Ajouté le 2 février 2010 à 09h25
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roos...
A quand l'anti promotion du poisson?
A l'heure où l'on mène des recherches importantes, scientifiques, technologiques, "communicantes" pour valoriser le poisson, devenu presqueun alicament (oméga 3, anti obésité, anti OGM....) et ou l'on multiplie ls campagnes de communication pour inciter la population à consommer du poisson; n trouvez-vous pas indescent de sans cesse taper sur le dos des pêcheurs dont le métier est d'abord de nourrir la population, de plus en plus avide de ce trésor de bienfaits pour la santé, malgré des prix, à l'étalage, de plus en plus élevés? Pourquoi ne pas dire au consommateur, arrêtons de manger du poisson, le temps que la ressource se renouvèle.... Les pêcheurs seraient traités sur un pied d'égalité avec les industriels et la distribution qui fait tant d'éffort pour valoriser le produit de leur labeur!
Ajouté le 2 février 2010 à 09h23
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roos...
A quand l'anti promotion du poisson?
A l'heure où l'on mène des recherches importantes, scientifiques, technologiques, "communicantes" pour valoriser le poisson, devenu presqueun alicament (oméga 3, anti obésité, anti OGM....) et ou l'on multiplie ls campagnes de communication pour inciter la population à consommer du poisson; n trouvez-vous pas indescent de sans cesse taper sur le dos des pêcheurs dont le métier est d'abord de nourrir la population, de plus en plus avide de ce trésor de bienfaits pour la santé, malgré des prix, à l'étalage, de plus en plus élevés? Pourquoi ne pas dire au consommateur, arrêtons de manger du poisson, le temps que la ressource se renouvèle.... Les pêcheurs seraient traités sur un pied d'égalité avec les industriels et la distribution qui fait tant d'éffort pour valoriser le produit de leur labeur!
Ajouté le 2 février 2010 à 09h22
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pepelarougneuh!!!
peche
je n'aime pas les assassins en puissance comme certains pécheurs ,je ne mange plus de poissons depuis 15 ans quand on voit les rejets a la mer qui se font sous pretexte que ce n'est pas aux normes mais les rejets sont deja morts alors pas de reproduction avec nos associations on a reussi a fair diminuer la consomation de poisssons, ici en provence c'est comme les chevaux aucun respect il tue et massacre tous et il y a trop de pecheur surtout des mauvais dangereux pour l'humanité entieres il racle les fonds détruise tous sur leurs passage,polue les oceans avec le rejets de dechets diesel par les pompes nous avons fait surveillance en méditérrannée que de tuerie par rejet non calibre ,il faut interdire les filets derivant et certains autres aussi qui descende a plus de 30 mètreuivant les secteurs tous des pourries destructeurs du bien des nations
Ajouté le 2 février 2010 à 12h12
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pepelarougneuh!!!
peche
je n'aime pas les assassins en puissance comme certains pécheurs ,je ne mange plus de poissons depuis 15 ans quand on voit les rejets a la mer qui se font sous pretexte que ce n'est pas aux normes mais les rejets sont deja morts alors pas de reproduction avec nos associations on a reussi a fair diminuer la consomation de poisssons, ici en provence c'est comme les chevaux aucun respect il tue et massacre tous et il y a trop de pecheur surtout des mauvais dangereux pour l'humanité entieres il racle les fonds détruise tous sur leurs passage,polue les oceans avec le rejets de dechets diesel par les pompes nous avons fait surveillance en méditérrannée que de tuerie par rejet non calibre ,il faut interdire les filets derivant et certains autres aussi qui descende a plus de 30 mètreuivant les secteurs tous des pourries destructeurs du bien des nations
Ajouté le 2 février 2010 à 12h11
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y bio
modèle dominant...
...le pillage est institutionnalisé dans tous les domaines...finances,agriculture(sol eau,énergie...) la tache est immense c'est à chacun d'y prendre part...
Ajouté le 2 février 2010 à 10h04
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pich
et les quotats de pèche?
il est plus que temps de mettre en place des vrais quotats de pèche et non du bricolage comme c'est fait actuellement.les stocs diminuent d'année en année et sa va ètre mis encore sur le dos des plaisanciers!!!
Ajouté le 2 février 2010 à 08h59
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Granit Rose
chalut
On sait depuis des années que le chalut est un engin destructeur et on continue allégrement à l'autoriser avec tous les abus notamment la pêche dans les 3 milles ou les juvéniles sont massacrés!!!!
Idem pour la drague.
Il y a pourtant des techniques douces, mais moins rentables. Mais il faut savoir ce que l'on veut.
Combien de temps cela va t il encore durer?
Ajouté le 2 février 2010 à 09h30
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jef1956
Irresponsabilité
Comme dans de nombreux domaines, on fonce sans regarder au dessus du guidon. Après avoir vidé les mers proches de nos côtes, nous laissons vider celles des pays sous-développés par des sociétés qui achètent les gouvernements (ou semblants dont le but est l'enrichissement personnel et pas celui de leurs pays). Mangez du poisson tant qu'on en trouve car bientôt vos petits enfants vous demanderons de leur raconter ce qu'était le goût d'un filet de merlan.
Ajouté le 2 février 2010 à 10h19
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alex...
Cà aurait été trop facile ...
de toujours pomper dans la ressource sans jamais faire quoi que ce soit pour la reconstituer.
C'est toute la différence entre un paysan de la terre et un paysan de la mer.
Le 1er tire profit d'une ressource qu'il a d'abord pris garde de semer et de faire pousser; le 2ème omet complètement ces phases et se contente de prélever un max le plus vite possible et tant pis si le malheureux poisson n'a plus le temps de se reproduire.
Ajouté le 2 février 2010 à 13h35
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Asterix29
C'est tellement évident
qu'il n'y a matière qu'a agir!
Ajouté le 2 février 2010 à 08h49
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agri...
Les sushis!
Hier soir sur C+ on a vu une fois encore, les abus destructeurs de la pêche industrielle. Le chalut de grande profondeur est un engin de mort. L'engraissement artificiel des thons en voie de disparition est un pur scandale. Les armements n'ont qu'un seul but: réaliser un maximum de profit immédiat en sabotant la ressource...tout en ramassant de grosses subventions. On finance la construction de nouvelles unités pour les casser quelques années plus tard avec des primes .
Les politiciens sont responsables de ce gâchis; qu'ils aient le courage de supprimer toutes les subventions, de multipler les contrôles et d'appliquer des sanctions vraiment dissuasives. Il ne faut plus tout tolérer au nom de l'emploi. Cessons d'encourager les fraudeurs qui vont nous faire mourir de faim.
Ajouté le 2 février 2010 à 08h41
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