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Pêche de grands fonds. Les ONG partent au combat

1 octobre 2009

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«SOS grands fonds marins»: des ONG dont Greenpeace, partent au combat et demandent aux supermarchés d'arrêter la vente des espèces de grands fonds, selon elles menacées. Les pêcheurs contestent.

Ils espéraient que Nicolas Sarkozy allait se mouiller la semaine passée à la tribune de l'ONU et demander l'arrêt de la pêche des espèces de grands fonds. Le Président n'a pas dit un mot! Le politique ayant failli, Greenpeace, WWF France et Bloom sortent l'artillerie lourde. Surfant sur la fibre verte, ils demandent aux supermarchés d'arrêter la commercialisation de huit espèces de grands fonds selon eux en danger. «Les supermarchés sont des acteurs majeurs qui peuvent changer la donne car la plupart de ces espèces y sont commercialisées», a souligné hier Emmanuel Buovolo, le porte-parole de Greenpeace. Au programme aussi: une vaste campagne de sensibilisation du grand public et des consommateurs jusqu'au 13octobre, dans plusieurs villes de France puis en Espagne et au Portugal.

«Dégâts dramatiques»

Hier à Paris, les ONG ont lancé leur cri d'alarme sur «les dégâts dramatiques» occasionnés par la pêche en eau profonde, une pêche qu'elles jugent non-durable. L'empereur, le grenadier, le hoki, le requin siki, le flétan du Groënland, le sabre noir ou la lingue bleue sont, selon les ONG, menacés de disparition. Ce sont des espèces à croissance lente: «un empereur, qui peut vivre jusqu'à 160 ans, ne commence à se reproduire qu'à partir de 40 ans», souligne Claire Nouvian, fondatrice de Bloom. C'est aussi le chalutage de fonds, accusé de faire des dégâts sur les coraux et autres écosystèmes fragiles, qui est visé. «On nous accuse de tuer les pêcheurs! Il y a des voies de sortie», estime Charles Braine du WWF. Il prône une reconversion vers des pêches durables, qui permettront de préserver l'emploi. Les ONG le martèlent: ils n'ont pas de position dogmatique. Ce que les professionnels contestent. «C'est la pêche la plus encadrée!», souligne Antoine Le Garrec, représentant de l'armement boulonnais Euronor. «Quoiqu'on dise, quoiqu'on fasse, nous allons passer pour les méchants!», déplore le Lorientais Fabien Dulon, directeur général de la Scapêche.

Plus de pilote

Il est vrai que des ONG comme Greenpeace savent mieux communiquer et ont d'autres moyens de le faire que les professionnels... Fabien Dulon l'a dit clairement hier aux ONG: il regrette que cette campagne lourde «SOS grands fonds» arrive avant les conclusions de la commission grands fonds. ONG et pêcheurs sont au moins cette fois sur la même longueur d'onde: ils demandent que les travaux du groupe -qui n'a plus de pilote depuis la démission de Louis Le Pensec- reprennent au plus vite.

  • Catherine Magueur
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