11 septembre 2009
Nouvelle saignée dans le bassin d'emploi du pays quimperlois : la direction des Papeteries de Mauduit (PDM), installées à Quimperlé, a annoncé hier la suppression de 106 emplois sur 714.
Le pays de Quimperlé renoue avec ses cauchemars. Il y a trois ans, trois entreprises du secteur avaient dans un temps très court procédé à des coupes sombres dans leurs effectifs: 132 suppressions d'emploi chez Volaven (rachetée depuis par Duc), une centaine chez Nestlé-Purina, et 200 environ aux PDM, qui fabriquent (et transforment) surtout du papier à cigarettes. Le traumatisme avait été durable, mais une nouvelle douche froide s'abat sur ce territoire sud-finistérien: 106 suppressions d'emplois dans une ville de 12.000 habitants, ce n'est pas rien. La surprise est moins grande qu'en 2006, car les rumeurs les plus alarmistes circulaient depuis déjà plusieurs mois. Mais l'énumération reste douloureuse: 47 ouvriers, 25 employés, 24 agents de maîtrise... et même les ingénieurs et cadres ne sont pas épargnés.
«Très concurrentiel»
Pour Michel Fievez, le président des Opérations Europe du groupe américain Schweitzer-Mauduit, dont dépendent les PDM, la décision était inévitable. «Les PDM», nous dit-il, «évoluent sur un marché très concurrentiel, en surcapacité de production. Sur ce marché, les prix de vente des produits diminuent année après année sous la pression des fabricants de cigarettes, de plus en plus concentrés et puissants. Dans ce contexte, la structure de coûts des PDM est inadaptée au marché actuel: l'entreprise affiche des prix de revient et des prix de vente plus élevés que ceux de ses concurrents.» Dans la zone Europe-Afrique-Moyen-Orient, l'entreprise quimperloise a perdu, selon lui, 5% de parts de marché en cinq ans, et le résultat opérationnel s'est fortement détérioré l'an dernier.
Départs volontaires?
Un nouveau plan social est donc sur les rails, et la direction affirme d'ores et déjà qu'elle privilégiera les départs volontaires et les reclassements internes, tout en participant financièrement, comme en 2007, à un programme de «revitalisation du territoire». Quant aux syndicats, ils semblaient hier soir presque résignés. La CGT par exemple, largement majoritaire parmi les ouvriers, mais aussi Force Ouvrière et la CFDT, insistaient notamment sur la nécessité de favoriser des départs en pré-retraite. Dans ce cadre, dit la CGT, «150 personnes pourraient partir en trois ans». Et cette façon de quitter l'entreprise présente un gros avantage démographique pour le pays de Quimperlé: un retraité aura la tentation de rester là où il habite, tandis qu'une personne licenciée cherchera sans doute du travail ailleurs. La procédure de consultation du personnel se traduira par une nouvelle rencontre jeudi prochain entre la direction et les représentants des salariés.
