4 février 2012 - 1 réactions
Jurée aux Olympiades des métiers, Claire a la délicate mission depuis jeudi d'évaluer les candidats sélectionnés aux épreuves de carrelage. Une mission qui colle bien aux compétences de cette professionnelle du bâtiment, passée maître, malgré son jeune âge, dans l'art d'habiller sols et murs de mosaïque et autres carreaux de céramique. À 30 ans, elle est artisan, installée à son compte. Pour créer sa petite entreprise, Claire n'a pas choisi la voie classique. Après un Bac général, elle a suivi une formation à l'école des Beaux-Arts de Nantes. C'est en découvrant l'univers de la mosaïque qu'elle décide de se réorienter vers un CAP de carreleur-mosaïste. «Les Beaux-Arts forment des artistes ou des professeurs mais rarement des artisans. Ayant un goût pour la décoration et l'univers des salles de bains, je voulais faire, à la fois, un travail manuel et artistique que je pouvais exercer près de chez moi», explique la jeune femme. Apprentie au CFA bâtiment de Saint-Grégoire (35), elle bénéficie d'un parcours accéléré: elle concentre deux ans de pratique sur une année. Après son CAP, elle est embauchée chez son maître de stage, à la tête d'une grande entreprise de carrelage près de Rennes. Elle y reste quatre ans au cours desquels, elle intervient sur des gros chantiers: lotissements, immeubles collectifs... Parallèlement, elle suit des stages chez des grands mosaïstes français et italiens. «La mosaïque, ce n'est pas seulement un artiste qui délire. C'est du beau qui va tenir dans le temps. Il est important que ce soit étanche et solide.»
En collaboration avec un plombier
Claire travaille surtout sur les projets de rénovation. Elle fait des croquis, accompagne ses clients dans les salles d'exposition, les aide à faire leur choix. Récemment, elle a refait un salon de beauté avec centre de soins, jacuzzi et hammam. Elle travaille de concert avec un plombier. «On propose des salles de bains clés en main», souligne-t-elle. Claire a trouvé sa voie et ne souffre en aucun cas d'être une femme dans un milieu d'hommes. «On est très solidaire entre artisans.» Petit bémol, les conditions de travail sont parfois difficiles. «Il y a la poussière, les carreaux à porter. Les postures sont assez inconfortables, admet Claire. Mais tous les métiers ont des inconvénients».

26 mai 2012

26 mai 2012