16 septembre 2009 à 08h27
Par 140 voix contre 74, les salariés de Molex, qui refusaient depuis 11 mois la fermeture de leur usine, ont finalement accepté hier soir que leurs élus au comité d'entreprise "entérinent" le plan social, qui doit se traduire par le licenciement des 283 salariés.
Sous la pression de la direction du groupe américain, qui avait fixé le 15 septembre comme date butoir des négociations sur l'indemnisation des licenciements, et après l'annonce d'une reprise partielle par un fonds de pension américain, HIG, les salariés de l'usine de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) ont voté à bulletins secrets. Dans une ambiance lourde, ils se sont prononcés par 140 voix contre 74 pour entériner ce plan.
"On en vient à accepter ce qu'on refusait en juillet"
Celui-ci devrait leur permettre de toucher environ un mois de salaire par année d'ancienneté, ainsi que le paiement des jours de grève de juillet et août. "On en vient à accepter ce qu'on refusait en juillet", regrettait le délégué CGT Guy Pavan en lançant: "On va prendre la monnaie mais la bagarre continue".
Dans le front intersyndical CGT-CFDT-FO-CGC-CFTC, des nuances se sont manifestées pour la première fois. Le secrétaire du CE, Denis Parise (CGT), n'a pas donné de consigne de vote et Guy Pavan a lancé "Quoi que vous décidiez, on vous suivra !", tandis que les autres organisations syndicales traduisaient la lassitude générale.
"On joue la sécurité", expliquait Marc Gaillard (CFE-CGC). Thierry Bonhoure (FO) ajoutait: "En combattant, on a gagné huit mois sur la date des licenciements, et pour l'emploi c'est un peu mieux que rien".
"Dénouement positif", selon Estrosi
Peu avant minuit, le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a salué "un dénouement positif grâce à un plan de sauvegarde de l'emploi de grande qualité". "Les 283 salariés conserveront 100% de leur rémunération pendant 9 mois et un cabinet de reclassement interviendra durant 15 mois", a-t-il assuré. Le ministre a évalué à "plus de 17 millions d'euros" les indemnités dont bénéficieront les salariés.
Il a annoncé la création "d'un comité de suivi de la réindustrialisation du site", en collaboration avec les élus locaux.
Les élus socialistes de la région et du département de Haute-Garonne ont déploré, dans un communiqué, "l'extrême fragilité" du plan de reprise de l'usine "par un fonds de pension dont ce n'est pas le métier".
Mardi soir, HIG France a salué les salariés qui "ont dû prendre une décision que nous savons très difficile". "Nous allons nous mettre au travail pour repositionner Molex et retrouver le chemin de la croissance", a-t-il ajouté, en annonçant la nomination prochaine d'un nouveau manager. La direction de Molex a fermé "provisoirement" l'usine de Villemur depuis le 6 août pour des raisons de sécurité. La fermeture définitive est prévue à la fin octobre.
