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Economie

Moisson. L'Ouest de la région souffre de la météo

21 août 2008

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La moisson était prometteuse mais la pluie est en train de tout gâcher dans l'Ouest breton. Dans certains secteurs, il reste encore plus de la moitié du blé à rentrer.

Alors que l'on parle déjà en France d'une moisson record, une partie de la Bretagne est en train de vivre le pire des scénarios. Le blé est mûr mais il est trop humide pour être récolté. En restant au champ, la qualité du grain se dégrade mais la paille trinque aussi. Depuis le début août, les pluies qui tombent par intermittence ainsi que le vent perturbent fortement le déroulement des récoltes alors qu'il reste encore en moyenne en Bretagne 30 % des blés à moissonner. « On ne peut battre les blés que si le taux d'humidité est inférieur à 15 %. Là on se retrouve avec des taux compris entre 18 et 19 % », indique Michel Le Friant, responsable céréales de Caliance, qui assure la collecte de quatre coopératives, dont Coopagri Bretagne. C'est l'Ouest (Trégor et Finistère) et le centre de la Bretagne, là ou les blés sont arrivés à maturité le plus tardivement, qui sont les plus gênés par cette météo calamiteuse. Dans ces secteurs, il resterait encore entre 50 et 70 % des blés à rentrer. L'est, qui a commencé à moissonner en juillet, a eu plus de chance. En Ille-et-Vilaine, dans l'est des Côtes-d'Armor et le sud du Morbihan, la moisson est terminée et les rendements ont été corrects. Pour tenter de limiter les dégâts le mot d'ordre et de moissonner en priorité les parcelles versées. En effet, la pluie et la surmaturité ont fait cambrer les blés. « Une céréale couchée ne sèche plus et l'humidité constante autour du grain déclenche une germination », ajoute Michel Le Friant. Le discours est similaire à la chambre d'agriculture de Brest.

« Taux d'humidité importants »

« Les rendements ne sont pas trop mal mais les taux d'humidité sont importants. Il faudrait deux jours de beau temps d'affilée pour que ça sèche. Si ça continue, on aura des problèmes de qualité et de paille », note Odile Le Du, conseillère culture. Un espoir : la météo annoncée pour les jours à venir semble favorable. Economiquement parlant, tout cela ne fait pas l'affaire des agriculteurs car faute de soleil, il faut recourir au séchage artificiel, gourmand en énergie, en l'occurrence, du gaz naturel. Le manque à gagner peut atteindre entre cinq et dix euros la tonne. « Les séchoirs fonctionnent à plein et la puissance du parc breton de moissonneuses-batteuses est telle qu'ils ont du mal à suivre. Ça bouchonne sur les plates-formes alors qu'on a plutôt intérêt à ce que les récoltes sèchent au fur et à mesure », souligne Michel Le Friant. Ce n'est pas la première fois que la Bretagne connaît une telle déconvenue. Cela avait tourné au vinaigre aussi en 2004 et en 1992. Les blés avaient alors germé sur pied.

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