17 octobre 2009
Face à la concurrence américaine, le marché européen ne peut plus rivaliser avec des cours intérieurs aux Etats-Unis à 0,73 euro, au Canada à 0,65 euro et un dollar au plus bas favorisant les ventes nord-américaines sur les pays tiers. Faute de suffisamment d'exportation, l'ensemble des marchés de l'Union s'asphyxie sous le poids d'une surcharge de marchandises. Sans artifice ou soutien quelconque, le contexte économique du moment ne permet pas, à lui seul, de contenir ce mouvement de fuite des prix. Dans tous les pays de l'Union, les cotations ne cessent de se dégrader. Pour stopper cette dérive des prix et retrouver quelques débouchés extérieurs, seule la mise en place des restitutions permettrait de corriger cet écart de parité sur le marché mondial. Ce qu'aujourd'hui, les producteurs français en profonde difficulté réclament de toute urgence auprès de la Commission européenne. Le niveau de prix actuel est au point critique de la barre de 1 EUR pour les éleveurs. Lors de la crise de 2003, à la même époque de l'année, le palier de 1 EUR avait résisté trois à quatre semaines durant.
Nouveau recul de 4,7 centimes
À l'identique des semaines passées, tassement de 1,5 centime, puis baisse de 3,2 centimes. La cotation descend à 1,014 EUR base 54 TMP. Les contrariétés de la grève des services vétérinaires ont amputé l'abattage de 10.000 à 15.000 porcs. L'activité ne devrait pas dépasser les 382.000 porcs abattus pour un poids moyen de carcasse à 91,7kg (plus 200 grammes). Les prises en charge en élevage ne sont plus à jour; sensible report qui devrait rapidement se résorber. L'activité des prochains jours devrait se maintenir à un bon niveau. Les besoins de l'industrie de l'abattage sont largement couverts.
Commerce dégradé
Comme pour le vif, le commerce des viandes continue à se dégrader. Malgré le bon niveau de la consommation intérieure, indifférents à la crise du moment, distributeurs et salaisonniers font leur métier à l'achat. Le jambon perd 4 centimes, les poitrines de 3 à 5 centimes; meilleure tenue de l'épaule et des hachages de fabrication qui maintiennent leurs tarifs. Marché surchargé pour la longe à des prix plus ou moins fluctuant en fonction des débouchés. En viande désossée, la concurrence étrangère pénètre notre marché à des prix attractifs.
Leurre de la cotation allemande
Officiellement, la cotation allemande affiche les mêmes cours mais en réalité les abattoirs règlent les éleveurs à 3 centimes de moins; ceci afin de mieux maîtriser la stabilité des tarifs de la viande sur le marché intérieur. Recul de 2 centimes au Danemark, de 3 centimes en Espagne (moins 2,5 en vif) et de 3,5 centimes en Italie. Depuis quelques semaines, comme par hasard, les écarts de prix avec le marché allemand se maintiennent: 7-8 centimes au-dessus des nôtres. Ce qui, compte tenu du coût de logistique du transport, nous prive, faute d'être compétitifs, des débouchés sur les pays déficitaires de l'Est de l'Europe.
