15 octobre 2010 - 3 réactions
Sans heurts ni fracas: les trois grévistes de la faim et la trentaine de militants de la Confédération paysanne venus les soutenir ont été évacués, hier après-midi, de la Maison du lait à Paris par les forces de police. Ils occupaient le siège de l'interprofession laitière (CNIEL) depuis le 8 septembre dernier. Christian Vincent, André Bouchut et Josian Palach entraient dans leur 18e jour de jeûne. Visiblement affaiblis, les trois hommes ont été évacués sur des civières par les pompiers et conduits à l'hôpital Lariboisière pour y subir une bilan sanguin.
« Déni de démocratie »
Affaiblis mais fiers du « combat mené », explique Christian Vincent, 62 ans, producteur de viande en Alsace ; « J'ai perdu 7 kilos, je suis extrêmement fatigué mais le sentiment de défendre une revendication juste qui prend le pas sur la diminution physique » explique-t-il. Leur revendication ? Voir les syndicats minoritaires, dont la Confédération paysanne, représentés au sein de l'interprofession laitière. « C'est là qu'on détermine le prix du lait et l'organisation de toute la filière. La Confédération paysanne comme les autres syndicats minoritaires, n'y est pas représentée. C'est donc 60% des syndicats qui ne sont pas consultés. Ça s'appelle un déni de démocratie », s'insurge Christian Vincent. En effet seule la FNSEA, à travers sa branche spécialisée, est autorisée à siéger au sein de l'interprofession. « D'autres actions d'éclat » Autre raison de leur colère : les producteurs des syndicats minoritaires sont contraints, comme les autres, de verser une « Cotisation volontaire obligatoire » (sic) à l'interprofession. « On paye et on n'a pas notre mot à dire. C'est simplement inadmissible », juge Dominique Raulo, producteur de lait dans le Morbihan, venu soutenir le mouvement. Et d'ajouter : « La filière laitière est la plus emblématique. Si on arrive à être représentés dans cette interprofession, il y aura un effet boule de neige pour toutes les autres interprofessions... ». Hier, la question de la représentation des syndicats minoritaires n'avait pas été réglée. Seule une rencontre était prévue aujourd'hui avec le ministre de l'Agriculture Bruno le Maire. Les trois grévistes de la faim ont quant à eux décidé de continuer leur action « au moins jusqu'à mardi. Si rien ne change d'ici là, on trouvera d'autres actions d'éclat», prévient Christian Vincent.
23 mai 2012 à 07h17
23 mai 2012

23 mai 2012