29 juin 2009 à 16h24
Les producteurs qui livrent leur lait au groupe Entremont Alliance (EA), très fragilisé par la chute des cours mondiaux des produits laitiers, ont donné jusqu'au 15 juillet à l'entreprise pour les informer sur son avenir et ses repreneurs potentiels.
"Nous avons donné un ultimatum au 15 juillet à la direction d'Entremont Alliance. A cette date, elle doit nous donner une lisibilité sur l'avenir du groupe, elle doit nous informer sur ses repreneurs potentiels avec des dates en face (un calendrier)", a déclaré Jean-Pierre Clément, président départemental de l'Organisation des producteurs Entremont (OPE), à Plérin.
Au 15 juillet, "que la direction nous donne une feuille de route, qu'elle nous dise qui entre dans le capital et qui reprend la paie des éleveurs" livrant leur lait à EA, a poursuivi Jean-Pierre Clément. "On travaille sur le long terme, on veut un projet industriel solide", a-t-il ajouté.
Créée il y a deux semaines, l'OPE vise à rassembler et fédérer le maximum des 5.500 producteurs bretons livrant à Entremont, indépendamment de toute appartenance syndicale, afin d'"établir un rapport de force favorable avec la direction" du groupe.
En raison de ses difficultés économiques, Entremont Alliance est le transformateur qui paie actuellement le prix le plus bas aux producteurs laitiers qui livrent chez lui. Pour 1.000 litres, l'opérateur paie de 27 à 38 euros de moins que les autres groupes laitiers, a relevé Erwan Daniel, membre du bureau de l'OPE.
"C'est inacceptable que, dans un même village, entre voisins, à qualité égale, il y ait de telles disparités de prix", a-t-il affirmé.
Entremont, qui exporte 40% de sa production en poudre de lait et beurre est particulièrement touché par la chute du prix de ces produits industriels sur le marché mondial.
Alors qu'il valait 3.500 euros la tonne au printemps 2007, le beurre-poudre se vendait, début 2009, 1.400 euros/T.
Le groupe achète également du lait à quelque 500 producteurs de Franche-Comté. Mais ceux-ci sont mieux rémunérés car ils se trouvent dans une zone AOC (appellation d'origine contrôlée) et livrent "un produit à forte valeur ajoutée", selon l'OPE.
Guingamp. Producteurs de lait. 200 litres échangés