5 novembre 2009 à 19h25 - 1 réactions
Remaniement annoncé à la tête du Crédit agricole. Selon nos informations, le sort du directeur général Georges Pauget est scellé. Il quittera ses fonctions au premier semestre 2010.
À l’État-major du groupe Crédit agricole SA, ce n’est plus un secret : selon nos informations, Georges Pauget quittera ses fonctions exécutives au premier semestre 2010, au moment même où René Carron, président du conseil, rejoindra sa Savoie, atteint par la limite d’âge.
Le duo ne fonctionnait plus
Carron, conformément à la tradition en vigueur, serait remplacé par Jean-Marie Sander à la tête du conseil de Crédit agricole SA. Pauget, lui, serait également remplacé par un homme de l’intérieur, culture maison oblige. A l’heure où les banques européennes du Nord de l’Europe sont tentées par une consolidation ; où Gordon Brown vole encore au secours de ses établissements à la peine (35 milliards d’aides), le haut management de la première banque française serait ainsi intégralement renouvelé. Il est de notoriété que le tandem Carron/Pauget ne fonctionnait plus dans l’harmonie depuis de nombreux mois, mais le directeur général aurait évidemment pu survivre quelque temps à son président, histoire d’incarner le continuum en matière de gouvernance.
Pas épargné
Mais le changement qui passe par les hommes est symbole d’une stratégie qui tourne le dos aux excès du passé ; et qui solde toute une époque de l’aventure de la banque mutualiste qui l’a conduite, comme ses pairs, à épouser le modèle de banque universelle qui faisait florès dans les années 90/2000. Le rachat de la banque de financement et d’investissement (BFI) Indosuez, la reprise du Crédit Lyonnais (LCL), la création de Calyon, les gros investissements en Italie (Cariparma) et en Grèce (Emporiki) sont les étapes les plus marquantes de la grande mue de la banque verte. Ses caisses régionales, par nature plus prudentes, ont parfois regimbé mais se sont résignées à adouber bon an mal an l’édification d’un mastodonte européen qui a aussi choisi la bourse. Las ! Le grand krach financier n’aura épargné personne.
Une base de 50 millions de clients
Comme les autres, le Crédit agricole a négligé le risque subprimes et méconnu l’importance réelle de son exposition en Amérique. Georges Pauget, en début de crise, avait mis sa tête sur le billot : les pertes de son groupe ne dépasseraient pas 400 millions. Elles ont atteint 11 milliards. Son départ anticipé tient en ces deux chiffres. Avant de quitter le bord, le tandem Carron/Pauget aura remis le paquebot dans le chenal historique et la voie des profits: fini les activités les plus risquées de la BFI, on se concentre sur la banque de détail et le financement de la clientèle. Avec un atout maître : une base de 50 millions de clients, unique en Europe.
