9 octobre 2009
À Brest, Télécom Bretagne forme des ingénieurs par apprentissage. Une formule attractive pour les sortants de BTS ou de DUT. Et, pour les entreprises, des jeunes compétents, autonomes, mobiles et motivés par le terrain, «prêts à l'emploi»...
«L'été dernier, je suis allé à Rome installer, avec deux techniciens, une plate-forme vidéo pour la télévision italienne; l'an passé, j'étais à Taïwan pour la mise en place d'un système câblé...» Hugo est apprenti. Il partage son temps entre l'entreprise avec laquelle il a signé un contrat, Thomson, et Télécom Bretagne, école d'ingénieurs sise sur le technopôle de la Pointe du Diable à Brest. À côté du cursus «classique», à temps plein, l'école propose, en effet, depuis quelques années déjà une formation en trois ans d'ingénieur en partenariat (FIP) spécialisée dans l'informatique, les réseaux et les télécommunications. La cinquième promotion d'apprentis vient de quitter l'école. «Les deux formations, temps plein et alternance, sont distinctes, souligne Marie-Catherine Mouchot, la directrice de communication de Télécom Bretagne. Proches du terrain, les apprentis n'ont aucune difficulté pour trouver un emploi, Le salaire annuel à l'embauche tourne autour de 38.000 EUR.»
Un an et demi en entreprise
Informatique, réseaux, électronique et physique, mathématiques et traitement du signal... Les apprentis-ingénieurs suivent une formation scientifique et technique consistante, à laquelle ils ajoutent management, gestion de projet. L'anglais, incontournable, est pratiqué de façon intensive; un séjour linguistique est proposé en deuxième année. L'originalité du cursus, et son atout majeur, tient dans l'alternance: chaque diplômé aura passé plus d'un an et demi en entreprise. «Les périodes s'allongent au fil des années de formation, explique Marie-Pierre Adam, qui est chargée des relations candidats/IUT/entreprises. Et les projets confiés aux apprentis par leurs tuteurs sont de plus en plus conséquents.» C'est ce que cherchent les jeunes en postulant pour cette formation: ils veulent tous passer très vite du temps sur le terrain, pour vivre en direct l'activité quotidienne d'un ingénieur. Charline est, comme Hugo, en dernière année de formation. «J'apprécie énormément le rythme de l'alternance. C'est une autre façon d'apprendre. Les longs séjours en entreprise permettent de voir les différents aspects du travail d'un ingénieur. Et, quand on retourne à l'école, on peut échanger nos expériences avec les autres, comparer l'intérêt de nos activités dans nos entreprises respectives.»
Des études rémunérées
Les candidats à l'apprentissage n'arrivent pas innocents dans la formation d'ingénieur en partenariat. «La majorité d'entre eux sortent de DUT, souligne Marie-Pierre Adam, et ont déjà passé plusieurs semaines en entreprise, avec un projet à conduire. Ce sont de bons élèves qui ont un vrai désir de continuer des études pour devenir ingénieur.» Mais avec un pied sur le terrain. Charline a un DUT GEII, Génie électrique et informatique industrielle. «Je ne suis pas très représentative, la plupart de mes camarades de promo ont un DUT Réseaux et télécommunications.» Et ce sont tous des garçons; il n'y a que trois ou quatre filles en moyenne dans chaque promotion. «Le fait d'être payé a aussi guidé mon choix.» Les apprentis signent en effet un contrat de travail avec leur employeur et sont rémunérés, de 41% à 78% du Smic selon leur âge et l'avancement de leurs études. «L'alternance nous permet de faire des études longues en étant financièrement autonome par rapport à nos parents.» Quand ils sont à l'école, les étudiants-apprentis sont logés et nourris pour un prix modique. «Certains apprentis sont originaires de la région toulousaine, observe Marie-Pierre Adam; ils ont trouvé une entreprise à Paris et viennent à Brest pour la formation ?scolaire ?. Nous essayons de leur faciliter la vie.»
Ingénieur, ailleurs...
Contrairement au cursus temps plein, les poursuites d'études sont exceptionnelles. Diplôme en poche, les apprentis deviennent ingénieurs d'études et développement pour les nouveaux systèmes et services en technologies de l'information, architectes ou intégrateurs réseau, ingénieurs sécurité, administrateurs de systèmes d'information... 30% environ des apprentis restent dans la même entreprise. Hugo partira sans doute à l'étranger. «J'aurai fait le tour de mon entreprise; comme beaucoup d'entre nous, j'ai envie de voir autre chose après le diplôme.»
«L'alternance permet de varier les façons d'apprendre. Et, quand on retourne à l'école, on peut échanger nos expériences avec les autres, comparer l'intérêt de nos activités dans nos entreprises respectives...» Charline et Hugo, apprenti
 Pour en savoir plus www.telecom-bretagne.eu
Lannion. Enssat. Plébiscite pour l'alternance