letelegramme.com

 

Rechercher

Industrie. Le Made in France a son observatoire

1 septembre 2010 - 6 réactions

  • Réduire le texte
  • Réduire le texte
  • Agrandir le texte
  • Agrandir le texte
  • L'article au format PDF
  • Imprimer cet article

Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, a présenté hier l'Observatoire du Fabriqué en France, un outil destiné à défendre le savoir-faire hexagonal. À condition d'être relayé par une réelle culture de l'innovation.

Le ministre de l'industrie a présenté hier « L'Observatoire du Fabriqué en France », un ensemble d'indicateurs qui évaluera le nombre de composants étrangers dans les produits français et le nombre de composants français dans la production étrangère.

Cet outil descriptif sera actualisé tous les ans afin d'établir une traçabilité du savoir faire national dans une dizaine de filières. Christian Estrosi se défend de songer à une forme de protectionnisme. Il veut que soient analysés les produits conçus dans l'Hexagone et réalisés ailleurs, les produits assemblés en France à partir de composants venus de l'étranger et les produits intégralement étrangers sur lesquels une marque tricolore appose son label.

Bienfait de la mondialisation
Cette volonté s'appuie sur des constats convergents. Les dix filières suivies par l'Observatoire contiennent de plus en plus de pièces étrangères. Dans une voiture qui vaut 10.000 euros, le « made in France » (conception et pièces) représente 6.400 euros, ce qui signifie que ce véhicule contient pour 3600 euros de pièces étrangères. Inversement - et c'est un bienfait de la mondialisation - de plus en plus de composants français entrent dans la fabrication de produits étrangers.

Globalement pourtant, la valeur de la production revenant aux acteurs français est passée en dix ans de 75 à 69 %. Deux exemples significatifs : sur 100 bateaux achetés chez nous, 67 sont fabriqués en France et dans l'agroalimentaire, la part des produits fabriqués en France et qui sont consommés ici a baissé de 82% à 78%.

Disparition de 600.000 emplois
Résultat: en dix ans la part des produits "fabriqués en France" et achetés dans l'Hexagone est passée de 67 à 64%. Conséquence: entre 1999 et 2009, le recul de l'industrie nationale a provoqué la disparition de 600.000 emplois. L'Observatoire peut devenir un très bel outil s'il permet de détecter, mieux que les innombrables rapports, les points faibles du tissu industriel, notamment du côté des PME. Mais il restera stérile si le volontarisme affiché par la puissance publique n'est pas puissamment relayé par une culture de l'innovation et un secteur privé animé par de vrais entrepreneurs.

Estrosi comme... Pompidou
Car le discours de Christian Estrosi n'est pas très... novateur. Comme Nicolas Sarkozy, il vente un modèle industriel allemand qui était déjà l'obsession de Georges Pompidou dans les années soixante-dix. Et dans les années quatre-vingt, Jean-Pierre Chevènement allait chercher l'inspiration au Japon. Pays doté d'un puissant organe d'analyse, d'orientation et d'impulsion depuis 1949.

  • Exporter cet article
  • Partagez cet article sur Facebook
  • Envoyer cet article sur twitter
Exportez cet article
Activer mon accès abonné S'abonner au Télégramme

6 réactions

  • arri...
    quel retournement !
    L'état a laissé filer le savoir-faire en CHINE pour accepter en retour des importations massives de produits asiatiques de piètres qualités sur lesquels les distributeurs français prennent des marges honteuses (coefficient multiplicateur pouvant aller jusqu'à 8 voire 10 !!). Pendant ce temps nos ouvriers pointent à Pole emploi et voient leurs entreprises parties en pièces détachées comme de vulgaires rebuts. Estrosi (le motodidacte) n'a toujours pas compris que le brassage de vent de sa part ou ses incantations, ne servent à rien si ce n'est à jeter de la poudre de perlimpinpin. Cet "observatoire" bidon en est une nouvelle preuve manifeste: les réunionites aiguës vont reprendre pour occuper des fonctionnaires qui ne connaissent rien à la réalité du terrain. Pitoyable.
    Ajouté le 1 septembre 2010 à 09h07
  • claude29
    le consommateur
    on dire ce qu'on voudra, personne n'a le droit de se plaindre de l'aggravation du chômage s'il achète sans se soucier de la provenance de ce qu'il achète. L'industriel qui constatera qu'on achète français, fabriquera français. pourquoi un industriel du textile basé en France maintiendrait une activité de production chez nous s'il voit les consommateurs sortir des magasins avec des vêtements indiens ou tunisiens ? A sa place, je ferme mon usine (de toutes les façons, ses produits lui restent sur les bras), et je deviens importateur et négociant. Maintenant, j'aimerais savoir quels vêtements porteront les membres de cette commission. S'habilleront-ils chez Armor Lux, ou dans une grande enseigne qui fait fabriquer ses produits chez un sous traitant marocain .... CAPE n'a pas tout à fait tord ...
    Ajouté le 1 septembre 2010 à 08h50
  • yellowdog
    l'Allemagne
    les Allemands ont une main d'oeuvre plus chère, passent moins de temps que les français, au travail, ont hérité il y a 20 ans, de la moitié de leur pays, en friche, et ils s'en sortent mieux que nous, sur la plan international; faudra qu'on m'explique .... ou alors, il s'agit encore de l'exception française .....
    Ajouté le 1 septembre 2010 à 12h17
  • jeanot
    planque dorée
    Et une usine à gaz de plus ! La France essaie de puis quelques années d'instiller une politique dite "d'intelligence économique" à l'image de ce que font les Anglo-Saxons depuis longtemps avec efficacité pour tenter de protéger nos industries les plus performantes des visées concurrentielles internationales. Mais ça ne marche pas, car c'est un fatras de textes qui n'ont aucune efficacité et les institutionnels en charge de "vendre" ce produit prêchent dans le désert quand le mauvais exemple vient d'en haut et que l'on voit notre commercial n°1 tenter de vendre les bijoux de famille tels que le Mistral ou le Rafale en bradant lieur technologie qui en est la composante la plus chère. Alors on invente un nouvel outil mais qui risque encore de s'avérer une gabegie se surajoutant donc à des institutions et des textes déjà existants et aussi abondants qu'inutiles. Mais gageons que le nouveau gadget est déjà convoité comme planque dorée par quelques serviteurs de la République en rupture de mandat électif ou en retraite et surtout en manque de menue monnaie.
    Ajouté le 1 septembre 2010 à 14h26
  • capelanbrest
    Encore un observatoire inutile...
    et qui va bien évidemment couter aux contribuable.... on cherche a raviver la préférence nationale, pour les achats que font les consommateurs....on a déjà vu ça . En 1986 une grande enseigne de distribution, ayant pignon sur rue à Brest, avait poussé le détail jusqu'à faire figurer par un autocollant bleu blanc rouge les produits produits en France...lave linges sèche linges frigos etc...les 3/4 des usines de l'époque ont disparue depuis, comment ferait elle la même opération de nos jours? Le consommateur ne s'y trompera pas. habitué aux prix discount, il n'achètera plus cher un produit made in France....par solidarité...car en matière de budget d'achat la solidarité n'existe pas, c'est chacun pour soit. Ne parlons pas des industriels qui jamais n'accepteront de relocaliser en France, où la main d'oeuvre est sans doute de qualité mais beaucoup plus chère et le cout de celle ci, viendrait gréver sa marge. On a voulu la mondialisation du commerce, nous l'avons avec ces avantages car il y en a et ces inconvénients aussi. Les intentions de mr Estrosi ne sont que de la fumée, destinées une fois de plus à occuper l'espace médiatique et à charmer les ultras de la préférence nationale.....et ceux qui ont les moyens pour pouvoir se les offrir...vu le surcoût de ses produits!
    Ajouté le 1 septembre 2010 à 07h03
  • yenamarre
    Boulot en or.
    Quelle planque, mieux que garder les pandas en chine, tant le 100% made in France est en voie de disparition pour ne pas dire d'extinction.
    Ajouté le 1 septembre 2010 à 07h34

Dans la même rubrique

Abonnements et services

S'abonner au télégramme
Appli iPhone Android Le Télégramme

Forfait mobile et carte sim prépayée Le Télégramme Mobile
Association pour le contrôle et la diffusion des médias

Presse régionale

Mentions légales - CGU - CGV - Contact - N°ISSN 2102-6785

Les sites du groupe Télégramme:

L'actualité en Bretagne avec Le Télégramme | L'actualité des PME avec Le Journal des Entreprises | Les outils pour dirigeants avec NetPME | Emploi avec RegionsJob | Les annonces professionnelles avec OPE, Opportunités pour l'Entreprise | Bateaux d'occasion avec Magnautic.com | L'immobilier en vidéo avec Immo-Ouest.com | Location de vacances avec Bretagne.com | Toute l'actualité maritime avec Mer et Marine | Le Télégramme recrute | Forfait mobile avec Le Télégramme Mobile | Modèles de lettres

Les sites de Pen Duick :

Route du Rhum – La Banque Postale | Transat Jacques Vabre | Transat AG2R LA MONDIALE | Transat Bénodet-Martinique