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Importations, quotas de pêche. Le paradoxe européen [Les chiffres]

23 février 2010 - 1 réactions

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La pêche européenne est face à un paradoxe. Alors qu'elle doit se soumettre aux quotas pour préserver les stocks, l'Europe accroît ses importations pour satisfaire la demande croissante en poisson.

Imaginez un jardinier qui cultive son petit carré de terrain et peaufine ses parterres au milieu d'un immense terrain vague. C'est à peu de choses près la situation des pêcheurs européens. La préservation des stocks de poisson justifie depuis plusieurs années la baisse des captures autorisées, tandis que les bateaux, de plus en plus perfectionnés, restent à quai sitôt les quotas atteints. Dans le même temps, la demande croissante est satisfaite par des importations de Norvège, d'Afrique de l'Ouest, de l'Océan indien ou de l'Atlantique Sud.

Pratiques douteuses

Plus l'Europe est exigeante pour ses pêcheurs, plus elle se rend dépendante de pêcheries aux pratiques parfois douteuses. En dix ans, son taux d'autosuffisance en produits de la mer est passé de 57% à moins de 40%. Quelques députés européens veulent s'attaquer à ce paradoxe.

«Aucune traçabilité»

« Une grande partie de ces produits n'ont aucune traçabilité environnementale ou sociale. Cela génère une concurrence déloyale » pour nos pêcheurs, estime Alain Cadec, député européen et conseiller général de Saint-Brieuc qui prépare un rapport sur le sujet. En principe, les Européens tiennent des listes de navires étrangers dont les produits sont autorisés à entrer dans l'Union européenne. Tous les produits doivent en outre passer par un poste d'inspection frontalier. Mais ce système a des failles. Il repose largement sur les autorités des pays tiers où « bien souvent, personne ne contrôle», explique Hélène Bours. L'enquête qu'elle a menée en 2006 pour Greenpeace au large de la Guinée Bissau montrait qu'une majorité des navires de pêche repérés, qui aux deux tiers battaient pavillon chinois, ne disposait pas d'un numéro d'immatriculation européen. « Nous voulons faire prendre conscience du problème, proposer des mesures de contrôle et éventuellement mettre en place, avec l'Organisation mondiale du commerce, une vraie traçabilité », explique Alain Cadec.

«Partie émergée de l'iceberg»

Dans les semaines à venir, la commission pêche du Parlement auditionnera « toute la filière », plus d'une cinquantaine d'organisations. Les intérêts en jeu sont considérables. La petite poissonnerie du coin de la rue n'est que la partie émergée de l'iceberg de l'industrie poissonnière. En Allemagne, par exemple, un tiers des poissons consommés sont achetés surgelés. Ce sont les crevettes qui coûtent le plus cher aux Européens. Ils en ont importé en 2008 pour 3 millions d'euros d'Equateur, d'Argentine, d'Inde, de Thaïlande, et autres.

Marges confortables

La grande distribution est également très demandeuse de produits préparés. Sans compter que les prix d'achat notamment des produits d'élevage, comme la perche du Nil, lui assurent des marges confortables.

  • Florence Autret

Les importations de poissons dans l'Union
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1 réaction

  • Pesket
    Encore une fois on se trompe !
    Oui ! L'Europe importe plus qu'elle ne consomme et elle ne peux pas faire autrement et c'est tant mieux. Ce qu'il faut comprendre c'est quels types de produits sont importés et pourquoi. En import principalement on va retrouver tout ce qui est destiné à l'industrie agroalimentaire, poisson blanc (Colin d'alaska, merlu...), céphalopode (petits encornets, blanc de seiche...), St Jacques (d'élevages ou de pêches)... Ces PDM (Produits de la mer) sont ultra nécessaire pour faire tourner l'industrie, ce qu'il faut comprendre c'est que notre pêche n'est pas apte à répondre en quantité, en prix, en variété d'espèce et en régularité pour approvisionner les industriels. La pêche Bretonne et Européenne en général, est une pêche de débarquement fraîches, à destination soit de la RHD soit des circuits de grande distribution. Par exemple comment fournir un marché annuel de 120 000 T de crevette (uniquement France) si on ne pêche quasiment rien dans ces espèces ? Et si "En dix ans, son taux d'autosuffisance en produits de la mer est passé de 57% à moins de 40%" ce n'est pas uniquement en raison de quotas imposés mais aussi à une augmentation de la consommation générale des PDM et pas seulement en Europe. Bien sur il faut améliorer la traçabilité, mais il ne faut pas croire que l'on va donner des leçons de gestion des stocks à des pays qui ont les PDM comme principale ressource. Et pour revenir sur l'article, si un bateau chinois qui pêche en Guinée n'a pas d'immatriculation européenne, c'est peut-être tout simplement qu'il ne pêche pas pour l'Europe mais pour son pays. Les Chinois aussi mange du poisson, comme le reste du monde !
    Ajouté le 23 février 2010 à 10h37

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