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Ifremer. L'avenir de la pêche testé à Lorient

17 novembre 2011

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Rénové pour un peu plus d'un million d'euros, le bassin d'essais d'Ifremer, à Lorient, concentre les enjeux d'une pêche durable, tant sur son modèle économique que sur son impact sur l'environnement et la ressource halieutique.

Ifremer n'a pas eu à débourser un centime pour rénover son bassin d'essais, construit en 1978. C'est le Conseil régional qui a mis la plus grosse part, à savoir 880.000 euros, sur le 1,08million nécessaire. La raison, résumée par Isabelle Thomas, vice-présidente chargée de la mer:«On a besoin des lumières des scientifiques pour sortir d'une certaine vision obscurantiste de la pêche». Avec, en toile de fonds, la réforme de la politique commune de la pêche, en discussion à Bruxelles, et dont certaines mesures pourraient mettre en péril la filière, qui représente près de 3.000 emplois sur le pays de Lorient. Inauguré hier, le bassin d'essais explore trois thématiques: l'économie de carburant, la réduction des impacts sur le fond marin, et la sélectivité des engins de capture.

«Vocation industrielle»

Concrètement, il consiste en une cuve à circulation d'eau douce en circuit fermé, de 12mètres de long et 1,5 m de profondeur. Une maquette de chalutier est plongée dans le bassin, mais reste fixe: c'est l'eau qui se déplace, à une vitesse réglable, reproduisant les effets de la mer sur la maquette. Un système qui permet les simulations les plus pointues en un espace limité. Le bassin accueille scientifiques et professionnels de la mer, équipementiers ou encore enseignants. Une équipe de six technologistes de la pêche y oeuvre à optimiser les modes de pêche existants, ou imaginer des techniques alternatives. «Il résume à lui seul la vocation industrielle et commerciale d'Ifremer», selon Jean-Yves Perrot, P-DG de l'établissement public.

Economies de carburant

Ces recherches ont déjà permis par exemple de réduire jusqu'à 17% la consommation totale de navires de pêches, en optimisant les panneaux de chalut et du train de pêche. Sur la sélectivité, l'Ifremer teste notamment, avec les professionnels de la pêcherie à langoustine, un dispositif de panneaux à mailles carrées, qui permet un échappement supérieur à 40% de petits merlus et langoustines hors taille, sans perte commerciale significative. Autant d'avancées essentielles pour l'avenir d'une «pêche responsable et durable».

  • Pierre Chapin
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