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Hemarina. Une ferme d'élevage de vers marins en Bretagne

7 décembre 2010

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Pour développer un substitut sanguin à partir de l'arénicole, la société morlaisienne Hemarina va créer une ferme d'élevage de vers marins. Jusqu'à présent, elle les achète en Australie, en Hollande et en Grande-Bretagne.

Créée en 2007, la société Hemarina suscite un intérêt marqué de l'industrie pharmaceutique. Son directeur-fondateur, Franck Zal, docteur en biologie, a découvert en 2000 une famille de molécules, issue du ver marin arenicola marina, aux vertus thérapeutiques prometteuses: ce ver marin, apprécié des pêcheurs de bar, permet notamment d'élaborer un substitut aux globules rouges du sang humain. Aujourd'hui, l'approvisionnement est assuré, mais une ferme d'élevage en Bretagne permettrait de ne plus être tributaire des achats à l'étranger et de créer sur le territoire une nouvelle filière. Elle devrait voir le jour dans 12 à 18 mois et créer une dizaine d'emplois.

Compatible avec tous les groupes

L'arenicola marina présente l'intérêt de posséder une hémoglobine compatible avec tous les groupes sanguins. Franck Zal s'est mis en disponibilité du CNRS pour relever le défi d'Hemarina, qui compte aujourd'hui 17 salariés, essentiellement des docteurs, des pharmaciens et des ingénieurs. Le substitut sanguin a été testé avec succès sur des animaux de laboratoires, en remplaçant une partie de leur sang par l'hémoglobine du ver. Pour sécuriser l'approvisionnement d'Hemarina, Franck Zal va créer une structure dans la région. La prospection est engagée sur plusieurs sites potentiels. Selon sa taille (de 5 à 20hectares), elle pourrait produire entre 10 et 60 tonnes d'arénicoles par an.

Une usine d'extraction des molécules

«Cette hémoglobine ne remplacera pas la transfusion sanguine, mais elle peut, par exemple, apporter de l'oxygène à l'organisme d'un blessé de la route jusqu'à son transfert à l'hôpital», explique Franck Zal. L'expérimentation sur des volontaires sains humains est prévue en 2012 et son application chez les malades en 2013. Cette famille de molécules permet aussi d'assurer la conservation d'organes, notamment le rein, entre le prélèvement et la greffe. Les premiers essais cliniques chez les humains sont prévus en 2011. Le laboratoire d'Hemarina va doubler sa surface et passer à 400m². Une usine d'extraction des molécules devrait également d'ici 2 à 3 ans dans le cadre du Grand Emprunt si ce dossier est retenu, avec à la clef, une vingtaine d'emplois supplémentaires de scientifiques.

  • Yves Drévillon
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