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Grandes surfaces - industriels. La bataille des prix est féroce

18 février 2009 - 4 réactions

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Il reste onze jours aux grandes surfaces et aux industriels pour négocier les prix pour 2009. Une négociation plus rude que jamais cette année, notamment entre Leclerc et ses fournisseurs.

Les prix de vos produits alimentaires préférés augmenteront-ils ou baisseront-ils cette année dans les rayons des grandes surfaces? Impossible de répondre pour le moment à cette question, les négociations entre Carrefour, Leclerc, Intermarché ou Auchan avec leurs centaines de fournisseurs ne devant aboutir qu'à la fin février. Une chose est sûre: les discussions entre ces géants de la distribution et les poids lourds de l'agroalimentaire sont cette année particulièrement difficiles.

+ 10,8 % pour les pâtes

En janvier, malgré la baisse du prix des matières premières, le prix des pâtes s'est envolé de 10,8% sur un an, celui du riz de 11,2%. Pour faire baisser les prix, le gouvernement a fait le choix de libéraliser les négociations entre industriels et grandes surfaces. C'est l'objectif de la loi de modernisation de l'économie (LME) entrée en vigueur le 1erjanvier dernier. Chaque distributeur peut désormais négocier librement ses prix, sans passer par des artifices tels que les fameuses marges arrière pour obtenir des ristournes déguisées. Et dans un contexte de baisse du prix des matières premières, les grandes enseignes comptent bien tirer les prix vers le bas cette année. En 2008, les prix des produits alimentaires avaient tout de même augmenté de 3,6% en grandes surfaces. Mais la fameuse LME ne semble pas apporter la transparence attendue. Pour obtenir les meilleurs prix, tous les coups bas restent visiblement permis du côté des distributeurs. Et certains fournisseurs, notamment les grandes marques, continueraient d'user de leur force.

Carton jaune

La Commission d'examen des pratiques commerciales, mise en place par la LME, vient d'ailleurs d'adresser un carton jaune aux groupes de grande distribution, et notamment les centres Leclerc, et aux industriels. Dans une lettre qu'il leur a adressée, le président de la Commission Jean-Paul Charié accuse les centres Leclerc de faire des «contrats pré-rédigés» qu'il impose «à des fournisseurs, qui parfois n'ont même pas le droit de changer un mot», ce qui est illégal. (lire ci-dessous). A l'encontre des distributeurs en général, la Commission dénonce «les détournements pour ne pas appliquer la réduction obligatoire des délais de paiement, l'obligation de payer sur des comptes à l'étranger, les modifications de date de livraison ou de facturation, les pénalités systématiques de retard, l'imposition de coopération commerciale surfacturée, non exécutée, mais déduite des règlements». Les fournisseurs, aussi, sont montrés du doigt. Danone, Coca-Cola... Autant de marques qui profitent de leur image pour imposer des hausses de prix.

Jean-Paul Charié : "Nous sanctionnerons les dérives"

Comment se passe la mise en oeuvre de la nouvelle loi de modernisation?
Ces échanges commerciaux doivent trouver une conclusion gagnante-gagnante. Il ne faut pas que ces négociations commerciales se transforment en exigence du client sur le dos du fournisseur. Il ne faut pas non plus que certains fournisseurs profitent parfois de leur position dominante pour augmenter de façon injustifiée leurs tarifs. Je pense surtout aux grandes marques. En tant que président de la Commission, je dénonce deux choses: les contrats pré-rédigés et les contrats-premium de chez Leclerc qui imposent aux fournisseurs de garantir une marge de 25% pour l'enseigne, quel que soit le prix de revente en rayon.

Est-ce votre rôle de dénoncer les pratiques des distributeurs ou des industriels?
Si je dénonce, et si la Commission dénonce un certain nombre de pratiques, c'est pour trois raisons: les négociations commerciales vont s'achever fin février, on met en garde les acteurs en annonçant que l'on va sanctionner les abus. A ceux qui poussent trop loin le bouchon, nous disons que liberté de négocier n'est pas liberté d'exiger. Il y a des enseignes qui sont prêtes à arrêter un certain nombre de pratiques anciennes, mais elles exigent que celles qui ne respectent pas la nouvelle règle soient sanctionnées.

Les sanctions sont-elles dissuasives?
Les sanctions peuvent être civiles ou pénales, et aller jusqu'à plusieurs centaines de millions d'euros.

Michel-Edouard Leclerc : "Les prix vont baisser"

Leclerc impose-t-il à ses fournisseurs un contrat qui garantit à l'enseigne une marge de 25%, comme l'affirme Jean-Paul Charié?Si ce qu'il dit est vrai, il me condamnera, mais c'est du pipeau. Cette fébrilité permanente dessert Jean-Paul Charrié qui sort de son devoir de réserve. La commission qu'il préside vise à garantir la sérénité pour que les litiges soient pré-réglés dans cette instance plutôt que d'aller dans les juridictions. Les propos de Jean-PaulCharié sont déplacés, ils viennent mettre le feu dans des relations industrie-commerce déjà tendues au moment où la nouvelle loi de modernisation entre en application.

Comment se déroulent les négociations actuelles entre industriels et distributeurs?
Malgré les difficultés techniques et juridiques, le climat est tendu, mais honnête. Mais c'est une partie de bras de fer qui se joue. Jusqu'en janvier, les trois quarts des industriels n'ont pas proposé de baisse de tarifs malgré la baisse des matières premières, céréales, produits laitiers et aussi des produits pétroliers. Nestlé et Danone proposent des hausses de 3 à 4%, par contre Panzani propose une baisse de 10%, Lesieur de 7 à 8%... La distribution est en droit de réclamer aux fournisseurs la répercussion de ces baisses dans leurs tarifs.

Les prix des produits alimentaires vont-ils baisser en 2009?
Je pense que les prix vont baisser de 2% environ. De notre côté, nous allons faire passer le nombre de produits de marques distributeurs et de premiers prix de 3.200 à 3.800 cette année.
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4 réactions

  • niels
    Un exemple d hypocrisie
    bonjour, je connais un cadre de Carrefour , il m a parle des licenciements chez Carrefour pour cette année 3000 à 4000, ce n est pas à cause de la crise, c est pour faire des economies, un exemple parmi d autre , un controleur de gestion ne s occupera pas d 1 magasin mais de 2 voire 3, mais ils diront c est la crise, parlez en autour de vous merci: ps je ne travaille pas chez Carrefour
    Ajouté le 19 février 2009 à 22h54
  • envert94
    Les prix vont baisser...
    Mais les marges des distributeurs vont continuer d'augmenter....
    Ajouté le 19 février 2009 à 10h21
  • envert94
    Les prix vont baisser...
    Mais les marges des distributeurs vont continuer d'augmenter....
    Ajouté le 19 février 2009 à 09h36
  • envert94
    Vous croyez encore Mr Leclerc?
    Il nous repète depuis des années le même discours sur le pouvoir d'achat et la baisse des prix... La grande distribution fait d'énormes profits et il voudrait tuer la poule aux oeufs d'or? http://anti.grande.surfaces.over-blog.com/
    Ajouté le 18 février 2009 à 11h40

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