2 juin 2009
C'est la plus grosse faillite de l'histoire industrielle américaine. Endetté, mal géré et terrassé par la crise, General Motors a déposé son bilan hier. C'est désormais l'Etat fédéral qui prend les commandes.
La vénérable firme de Detroit, qui est restée pendant des décennies le premier constructeur automobile mondial, va être placée sous perfusion financière de l'Etat fédéral durant une période de deux à trois mois et subir une cure d'amaigrissement forcée: fermeture d'une douzaine d'usines, suppression d'un tiers des effectifs (21.000 emplois rayés), réduction drastique du nombre de concessionnaires. Au terme de la procédure, soit le remède de cheval aura produit ses effets et GM devenu «New GM» pourra repartir sur des bases assainies, soit ce sera la liquidation tant redoutée pour la firme de Detroit. La présentation de ce dispositif se déroulait hier en deux temps. Tout d'abord, le président Barack Obama a annoncé le soutien du gouvernement au vaste plan de restructuration de GM, condition posée par l'administration pour faire bénéficier le constructeur de la protection de la loi sur les faillites.
30milliards de dollars
Ce soutien prend la forme d'une aide supplémentaire de 30milliards de dollars mais aussi d'une prise de contrôle à hauteur de 60% du capital de la firme. «Notre objectif, c'est de remettre GM sur pied, de nous tenir à l'écart et de nous désengager rapidement», a expliqué hier soir Barack Obama depuis la Maison Blanche. Dans un deuxième temps, le PDG de General Motors, Fritz Henderson, devait fournir, depuis New York les détails de son programme de restructuration, notamment la liste des sites concernés par le plan de fermeture, ainsi que le nom du repreneur de sa division Hummer (gros 4x4) et le recentrage sur un noyau de quatre marques seulement: Chevrolet, Cadillac, Buick et GMC.
Interventionnisme
Les 30milliards de dollars (21,1milliards d'euros) d'aide gouvernementale supplémentaire seront puisés dans le fonds de sauvetage d'un montant de 700milliards de dollars adopté l'automne dernier par la précédente administration Bush. Au pays du capitalisme-roi, cette aide financière avec prise de contrôle majoritaire constitue une nouvelle intervention majeure de l'Etat dans le secteur privé. L'administration Obama avait déjà puisé dans ce fonds de soutien pour venir en aide à un autre constructeur automobile en difficulté, Chrysler, qui s'était lui aussi placé sous la protection de la loi sur les faillites le 30avril dernier pour échapper à la liquidation.
Feu vert pour Chrysler
Hier, la justice fédérale a donné son feu vert au plan de redressement qui prévoit la vente de la plupart des avoirs de Chrysler à Fiat et la prise de contrôle majoritaire du capital (55%) par un fonds de pension d'ancien salariés, tandis que le constructeur italien détiendra 20% du capital et pourra monter à terme à 35%.
