30 octobre 2009 à 12h10
Géophysicien de formation, Marc Boeuf est chef de projet, à Brest, au pôle mer Bretagne. Son rôle ? Susciter des projets innovants qui permettront un développement économique régional dans le domaine des énergies marines.
La Bretagne dispose d'une importante ressource en énergie marine, aujourd'hui inexploitée, à l'exception de l'usine marémotrice de la Rance. L'objectif fixé par l'Europe de 20% d'énergies renouvelables en 2020 ouvre de nouvelles perspectives. Marc Boeuf travaille comme chef de projet au pôle mer Bretagne. «Le domaine des énergies marines est en pleine ébullition. Les projets foisonnent et ça va très vite. Certains pays de l'Europe du nord ont déjà des parcs importants d'éoliennes offshore (en mer) installés près des côtes. D'autres font des tests grandeur nature sur des installations qui utilisent l'énergie des vagues.»
Utiliser vagues et courants
«En Bretagne, nous en sommes actuellement au stade de la recherche et du développement. Je dois susciter des projets innovants et économiquement intéressants en favorisant le travail collectif d'acteurs très variés issus aussi bien des services recherche et développement (R & D) de grandes entreprises, que des laboratoires de recherche publics ou privés, de PME, de bureaux d'études...» Pour cela, il faut de solides compétences scientifiques liées à une grande expérience. Marc Boeuf veille sur les évolutions de la recherche internationale. Il participe à des travaux de prospective, analyse les projets émergents. «Nous avons des projets d'hydroliennes qui utilisent les courants marins liés aux marées. Nous étudions aussi une nouvelle génération d'éoliennes ?flottantes? qui pourront s'adapter à des fonds marins plus profonds et donc être installées plus loin des côtes. Enfin, nous travaillons sur des systèmes houlomoteurs qui utilisent l'énergie des vagues.»
Science et relationnel
Le chef de projet sait identifier les acteurs pertinents, les mettre en relation, rédiger des dossiers. «C'est un métier où la communication et le relationnel avec le monde socio-économique, les élus politiques, la recherche, etc., sont importants. Je rencontre des gens passionnants et d'horizons très variés : c'est très enrichissant. Je travaille surtout en amont, pour amorcer les projets mais je suis aussi leur réalisation au cours de réunions régulières.» Une fois un projet retenu, ce sont les équipes qui l'ont en charge qui le développent. Elles font d'abord une simulation sur ordinateur, puis construisent un premier prototype qui sera essayé en bassin. Si ces étapes sont concluantes, elles construisent un démonstrateur qui sera installé en mer avant de pouvoir envisager une exploitation à plus grande échelle. «En Bretagne, nous arrivons au stade des démonstrateurs», précise Marc Boeuf. Aujourd'hui, les équipes regroupent surtout des scientifiques avec une spécialité marine. Ce sont des ingénieurs et des chercheurs en physique, hydrodynamique, électricité, chimie, matériaux composites, qui ont souvent travaillé pour le naval ou les plateformes pétrolières. Il y a aussi des océanographes, des météorologistes, des biologistes...
De la recherche à l'industrie
«À terme, si nos projets arrivent au stade du développement industriel et de la commercialisation, ce sont des milliers d'emplois qui pourraient être créés. Une nouvelle filière industrielle naîtra en Bretagne avec des métiers d'ingénieurs, de techniciens et d'ouvriers qui travailleront à la conception, la construction, l'installation et la maintenance. Cela développera aussi des activités portuaires: manutention, remorquage et installation en mer. C'est vraiment valorisant de pouvoir travailler sur un secteur qui offre de telles potentialités économiques et qui, en plus, touche au domaine de la mer et du développement durable.»
Pour en savoir plus
Consulter le site: www.pole-mer-bretagne.com
Quimper ville. Café des sciences. Hervé Majastre défend l'électricité marine
Brest ville. Énergies marines. «C'est le moment de concrétiser !»
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