1 octobre 2009
La SBFM, société bretonne de fonderie et de mécanique, a vécu. La Fonderie de Bretagne vient de naître en sauvant 507 emplois. Hervé Wibaux, le directeur, explique.
Pourquoi Renault, le repreneur de la SBFM, a choisi de changer le nom de l'entreprise?
C'est mieux. Ce nom marque un nouveau départ de l'entreprise. C'est une renaissance. Renault exploite déjà la Fonderie de Normandie. Avec la Fonderie de Bretagne, Renault affirme aussi l'ancrage régional de cette fonderie.
La reprise des 507 salariés s'accompagne d'un plan d'investissement de 30MEUR. Quels investissements envisagez-vous?
Plus précisément, ces 30MEUR se décomposent en deux fois 15. Premier point. L'entreprise s'est dégradée. Elle a traversé des périodes difficiles. Il y a donc une phase diagnostic qui nous permettra de définir des actions prioritaires. Deuxième point, l'apport de compétences à l'entreprise. Six personnes y seront détachées par Renault. Au directeur financier et moi-même, s'ajouteront un directeur qualité et systèmes de production, un directeur de la fabrication, un responsable des relations humaines et un responsable de la maintenance de l'outil. Au-delà de cette équipe, le fait d'appartenir au groupe Renault, nous permettra d'utiliser l'expertise de la maison, notamment en fonderie et mécanique.
Les syndicats aimeraient que l'usinage soit développé. Est-ce la priorité?
Nous avons déjà sur place 13 centres d'usinage. Nous réfléchissons à une seconde ligne de fonderie associée à de l'usinage. Mais avant tout, il faut procéder par ordre. Nous devons remettre en état l'entreprise. Il faut redevenir compétitif pour le principal client Renault, mais aussi pour les nouveaux clients. Nous allons nous retrousser les manches pour remettre l'outil en situation de compétitivité. On aura besoin de tout le monde. Quant à l'implication du personnel, je suis confiant. C'est un personnel très volontaire et prêt à dynamiser l'entreprise.
Avez-vous déjà des contacts pour de nouvelles productions?
Les discussions se poursuivent avec PSA pour de nouvelles pièces. Nous sommes aussi en phase de mise au point de pièces pour la nouvelle «Upsilon» de Lancia. Tout ne s'est pas arrêté. On travaille pour la Mégane, pour la mini de BMW. Même si on est aujourd'hui plus sur une production de 30.000 tonnes par an, Renault a la volonté de stabiliser la production à hauteur de 35.000 tonnes. Pour cela, il faut redonner confiance aux clients.
Comptez-vous réinvestir dans la recherche industrielle?
Cela n'aurait pas beaucoup de sens. Notre priorité est claire: la production. Renault développe ses équipes de recherche. Nous nous appuierons sur la compétence de nos équipes de production.
Renault a créé la SBFM. L'a vendue puis revient. Une stratégie difficile à comprendre...
Le départ de Renault pouvait avoir du sens à une période donnée. La fonderie avait été confiée à l'un des grands fondeurs européens. Aujourd'hui, c'est un nouveau départ. Nous n'avons pas le droit à l'erreur.
