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Europe. Quel avenir pour la pêche bretonne?

20 septembre 2011 - 6 réactions

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Tel qu'il va être présenté aujourd'hui à la France, le projet de réforme de la politique commune des pêches (PCP) pourrait bien déstabiliser la pêche bretonne.

Une réforme pour 2013. Un émissaire de la commissaire européenne Maria Damanaki présente aujourd'hui à Paris le projet de réforme de la politique commune des pêches, applicable au 1erjanvier 2013. Elle répond à une préoccupation, la préservation des différentes espèces de poisson, par des mesures drastiques comme la réduction des quotas, la privatisation des droits de pêche et l'obligation pour les pêcheurs de rapporter à terre les «rejets» qui jusqu'à présent étaient remis à l'eau. Ce projet de réforme qui devra être validé par les différents états européens ne fait pas l'unanimité. Loin de là.

Des poissons en voie de disparition?
Le postulat de la réforme -la ressource halieutique serait en danger- est contesté par les pêcheurs. Et les Bretons ne sont pas les moins virulents. «Les scientifiques européens sont complètement décalés par rapport à la réalité. Leurs analyses datent pour la plupart de deux, voire quatre ans. Mais ce sont des scientifiques. Ça pèse lourd. Qui ne s'incline devant la science?», ironise René-Pierre Chever du Comité local des pêches du Guilvinec (29). «Ils ne cherchent même pas à interroger les pêcheurs qui ont fait d'énormes progrès avec des engins sélectifs», s'indigne Alain Le Sann de Pêche et développement. «Les stocks de soles, merlus, langoustines et de lotte ne sont pas en danger. Ça fait des années, que la pression n'a pas été à ce niveau de faiblesse», souligne René-Pierre Chever.

Alliance entre environnementalistes et ultra-libéraux?

Les pêcheurs pointent du doigt l'alliance
des associations environnementalistes qui «veulent stopper la pêche et voient les pêcheurs uniquement comme des prédateurs»... avec les lobbies ultra-libéraux de l'agrobusiness (les transformateurs) «qui veulent avoir la mainmise sur le poisson». Les uns et les autres ont des bureaux à Bruxelles. «Que pèsent quelques milliers de pêcheurs en face?», remarque René-Pierre Chever.

Des droits de pêche monnayables.
Le dispositif prévu par Maria Damanaki propose de créer des «concessions individuelles transférables» pour les bateaux de plus de 12m et quelle que soit leur taille pour les «arts traînants» (chalut et drague). Ce qui signifie que presque tous les pêcheurs vont se voir attribuer gratuitement et à titre personnel des quotas. Des droits qu'ils pourront ensuite monnayer. «Seulement, les jeunes Bretons ne pourront plus s'installer. Ce sera trop onéreux. On va donc progressivement assister à une concentration des capitaux dans des entreprises qui seront progressivement déconnectées des territoires où résident actuellement les pêcheurs», s'inquiète le Comité local du Guilvinec.

Comment transporter les «rejets»?
Jusqu'à présent, les poissons sous taille, non commercialisables ou abîmés sont rejetés à la mer au cours des campagnes de pêche. La réforme version Maria Damanaki prévoit que les navires rapporteront tous leurs rejets à quai. Ils seront transformés en farine pour l'aquaculture. «Les bateaux ne sont absolument pas équipés pour ça. On ne voit même pas comment on va faire», se désespère un pêcheur. «Moi je n'ai pas envie de nourrir mon concurrent directqui est l'aquaculture», complète René-Pierre Chever.

  • Flore Limantour
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6 réactions

  • diogène 29
    Quel avenir pour la pêche bretonne?
    En un mot comme en cent: AUCUN
    Ajouté le 20 septembre 2011 à 16h47
  • chri...
    Des droits de pêche monnayables.
    dans certains pays nordique ses quotas dit transférables ont permis de voir disparaître la peche artisanale au profit de la pêche libérale industrielle les acceptés auras pour effets de voir disparaître les pêcheurs artisans car ils n'auront pas les moyens financier d'en acheter .
    Ajouté le 20 septembre 2011 à 12h53
  • arri...
    La qualité au détriment da la quantité
    Il convient de savoir que 50% des produits remontés dans un chalut sont soit rejetés directement en mer soit mis à la poubelle (partiellement transformé dans ce dernier cas). Les gros opérateurs raclent les fonds ce qui détruit la flore et les espèces marines...ne parlons pas des pollutions induites.
    Ajouté le 20 septembre 2011 à 09h55
  • domi...
    ALLIANCE ENTRE ULTRALIB2RALISTES ET ENVIRONEMENTALISTES
    Excusez moi je change de sujet mais c'est ce qui risque fort de se passer dans le domaine agricole en Bretagne il y a dans ce sens une connivences d'intérêts le problème avéré de la pollution (algues vertes ) ,et autres va servir de prétexte pour éliminer les petits et moyens éleveurs car seuls les très très gros pourront se permettre de faire des mises aux normes et d'acheter du foncier dont le prix va augmenter c'est ce qui s'est passé d'ailleurs dans les pays nordiques
    Ajouté le 20 septembre 2011 à 15h07
  • minard
    recyclage
    A terre, nous trions nos déchets. De la même façon que des bennes viennent ramasser les emballages, les verres, etc, on peut imaginer des barges armées par les éleveurs de poulets ou de poissons qui viendraient aspirer deux fois par semaine les tinettes des chalutiers.... Je blague, bien évidemment, mais sait-on jamais ! Messieurs les armateurs, réfléchissez-y !
    Ajouté le 20 septembre 2011 à 08h54
  • gilb
    EUROPE
    Nos politiques Français ont sacrifié la peche bretonne sur l'hotel de l'agriculture. Des choix ont été fait, dommage pour les pecheurs.
    Ajouté le 20 septembre 2011 à 18h35

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