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Entreprises. Salariés et actionnaires

14 novembre 2009

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Encouragés par la loi de 2006 sur l'actionnariat salarié et la participation, de plus en plus de salariés prennent part au capital de leurs entreprises. Voire la reprennent. Tour d'horizon en Bretagne.

De plus en plus de salariés placent leur participation, leur intéressement ou même leurs économies dans le capital de l'entreprise. Ils contractent aussi des prêts lorsqu'il s'agit de la reprendre. Un leitmotiv dans la démarche: une motivation sans faille et, parfois, un attachement viscéral à leur outil de travail. Dès 2004, le groupe costarmoricain Stalaven (1.400 salariés), spécialiste des produits traiteurs frais, a ouvert son capital à l'ensemble de ses salariés. «Cette stratégie volontariste d'actionnariat salarial permet de promouvoir l'engagement des collaborateurs dans la vie du groupe et de les associer durablement au développement de leur entreprise», indique Franck Meuriot, le directeur général de Stalaven.

Neuf salariés sur dix chez Stalaven

90% du personnel de l'entreprise a investi en moyenne 1.000euros et détient plus de 4% du capital du groupe. «Il n'y a pas eu d'opposition syndicale», souligne Pierre Le Tannou, le délégué Force ouvrière de l'entreprise. Salarié depuis 14 ans chez Stalaven, François Cottarel, responsable du service de logistique industrielle, n'a pas hésité. «C'est un placement financier que je trouve plus sûr qu'en bourse, il met à l'abri des brusques variations conjoncturelles», explique le salarié actionnaire. Depuis 2004, l'action est passée de 10 à 15,23euros. Les porteurs de parts sont représentés au sein d'un conseil de surveillance du fonds de placement Stalaven Actionnariat. Si chez Stalaven, les syndicats ne se sont pas opposés à la démarche, le double statut actionnaire-salarié ne fait pas pour autant l'unanimité. A la CFDT, Gaby Bonnand, secrétaire national, redoute «cette dépendance supplémentaire vis-à-vis de l'employeur», ainsi que «le risque de stagnation des salaires». Un patron qui s'en va, une entreprise en difficulté. Des salariés vont plus loin et cassent leur tirelire pour en prendre le contrôle. Chez BVO à Brest (fabrication de fenêtres) comme chez FYM à Vannes, spécialisée dans la formation et les études de marché, des cadres et des salariés ont repris deux entreprises en bonne santé.

Sauvée par ses salariés

Ce n'est pas le cas à la SDAB à Taulé (29), une société de mareyage placée en liquidation judiciaire fin 2008. Elle approvisionnait les grands restaurants français comme Bocuse, Le Divellec, Meurice. 15 anciens salariés sur les 71 ont répondu à l'appel de Patrice Lorillon, 47 ans, ancien responsable de production. «Il n'était pas question de laisser mourir cette belle entreprise», note-t-il. «Le jour-même de la liquidation, j'ai proposé aux salariés de la reprendre». Il en est aujourd'hui le P-dg. Depuis août, la SDAB livre à nouveau les restaurants, mais vend également ses crustacés et poissons aux particuliers. Les salariés ont investi 11.000euros (indemnités, économies, emprunt) dans la nouvelle société coopérative ouvrière et ont appris de nouveaux métiers. Anne, la seule vendeuse rescapée de l'ancienne structure, est devenue la responsable des ventes. L'activité reprend, elle a recruté trois nouvelles vendeuses. «Nous avons reconquis des anciens clients. Le chemin est encore long, mais nous sommes confiants avec l'arrivée des périodes de fêtes. On y croit dur comme fer», confie-t-elle. Les salariés-patrons croisent les doigts.

  • Yves Drévillon
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