13 octobre 2009
La décision d'Entremont Alliance de mettre en stand by son atelier d'affinage d'emmental à Carhaix affole les salariés du groupe fromager. CFDT et CGT appellent aujourd'hui à un débrayage complet sur tous les sites.
Les producteurs laitiers ne sont pas seuls à s'inquiéter de l'avenir d'Entremont Alliance. Les salariés aussi sont très préoccupés par les difficultés du groupe fromager. «Aujourd'hui, c'est Carhaix, demain, à qui le tour?», s'interroge Jean-Noël Collobert de la CGT. Le choix du grand spécialiste français de l'emmental de transférer temporairement les activités de son atelier carhaisien vers trois autres sites (Montauban de Bretagne, Annecy et Montigny le Roy) vient brusquement raviver leurs craintes. «Les salariés paieront la note encore plus cher que les paysans», prédit déjà George Lenormand de la CFDT. Entremont Alliance, qui a perdu du terrain sur le marché de l'emmental, a décidé de mettre 100 personnes au chômage partiel sur les 243 que compte le site carhaisien, «afin de réduire ses charges et gagner en compétitivité». Cela se fait dans le cadre d'un dispositif APLD (activité partielle de longue durée).
«Répartir la pénurie»
Pour les salariés, il eût été préférable, plutôt que de sacrifier Carhaix, de répartir la pénurie sur l'ensemble des quatre sites. «On sait qu'il va y avoir beaucoup d'heures supplémentaires et du recours à l'intérim. Pourquoi surcharger les autres sites et laisser les Carhaisiens à la maison?», s'interroge Jean-Noël Collobert, très sceptique quant à l'efficacité économique d'une telle mesure. «Les meules fabriquées à Quimper et à Malestroit vont partir vers Annecy pour être découpées et préemballées. Elles vont revenir ensuite à la plateforme de Brécé (35) pour être dispatchées dans le Grand Ouest», dénonce le délégué syndical.
«Aucune garantie»
Pour les syndicats, cette décision ne présage rien de bon pour le site de Carhaix. «On n'a aucune garantie de réouverture», déplore Jean-Noël Collobert. Du côté de la direction, on cherche à temporiser. «Stand by, comme son nom l'indique, c'est du provisoire. L'activité reprendra. Quand Renault et Peugeot annoncent des mesures de chômage partiel, personne ne dit qu'ils vont fermer», remarque Alain Troalen, le responsable de la communication d'Entremont en précisant «qu'il n'y aura aucun démantèlement du site». L'intersyndicale, qui dénonce aussi la façon de communiquer du groupe, demande la réunion d'urgence du Comite central d'entreprise et appelle le P-dg Christian Mazurey, à venir s'expliquer «sur les conséquences sociales et industrielles du projet de rapprochement avec Sodiaal.»
Guingamp. Entremont-Alliance. Soutien aux salariés de Carhaix