1 février 2011
L'intérim, c'est la variable d'ajustement en matière d'emploi, lorsque la reprise d'activité se remet doucement dans le bon sens et laisse aux chefs d'entreprises l'espoir de jours meilleurs. Les agences d'intérim bretonnes témoignent en ce sens, avec des nuances, parfois significatives, selon la géographie et les secteurs d'activités. Tour d'horizon sur le territoire breton.
Une embellie durable?
Le ton est plutôt à l'optimisme chez Adecco à Vannes, où le responsable d'agence parle d'«amélioration générale», évoquant même une «impression de sortie de crise». A Brest, Manpower affiche davantage de retenue, constatant que «ça bouge», mais ajoutant que «pour l'instant, il n'y a pas beaucoup de surcroît d'activités». La cité du Ponant, forte du chantier du tramway, attend aussi beaucoup de celui du plateau des Capucins. Prudence également dans les prévisions chez Adia à Saint-Brieuc, où «l'activité reste calme, avec une légère reprise, mais le début de 2011 ne restera pas dans les annales». A Quimper, le responsable de l'agence Temporis remarque «une amélioration dans les plannings des entreprises, mais celles-ci attendent une confirmation dans la durée».
Surtout l'Ille-et-Vilaine et le Morbihan
Dans le bâtiment, les permis de construire s'affichent à la hausse en Bretagne, mais le démarrage des nouveaux chantiers est souvent différé. Le taux des intérimaires, qui était tombé à 8% en 2009 et à la mi-2010, est remonté à 10,5% en Ille-et-Vilaine, la même tendance apparaît dans le Morbihan. La situation est moins franche dans les Côtes-d'Armor et le Finistère. A Baud (56), l'entreprise Maho a recruté une dizaine d'intérimaires (maçons et coffreurs-bancheurs) dans le gros oeuvre et quatre dans le domaine de l'isolation. «Le carnet de commandes a gagné deux mois, précise le patron, Thierry Maho. Mais nous n'avons pas assez de visibilité pour recruter en CDI». L'industrie agroalimentaire reste la valeur régionale la plus constante, elle a été moins affectée par la crise. «Nous continuons à faire appel à l'intérim, mais sans rapport direct avec la conjoncture économique», explique-t-on à la Sill, spécialisée dans les produits laitiers, les jus de fruit et les potages à Plouvien (29). Dans le secteur du transport-logistique, la reprise reste timide. Le groupe Rouxel à Vannes (56) a recruté une dizaine de conducteurs intérimaires. «C'est mieux que l'an passé en ce début d'année, mais nous rattrapons le plus souvent des retards de 2010», indique un responsable de l'entreprise.
Ne pas licencier
Le discours reste prudent également dans l'industrie. «Le niveau d'activité est correct avec un carnet de commandes de trois mois, explique la directrice des ressources humaines du Joint Français à Saint-Brieuc (22), Françoise Guinot. Nous faisons appel à l'intérim, mais l'horizon a du mal à s'éclaircir». Une constante dans les analyses. Les entreprises s'efforcent d'abord de ne pas licencier leur personnel permanent en prévision de l'après-crise.

23 mai 2012

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