12 août 2011 - 6 réactions
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Les emplois nets créés l'ont été dans les secteurs marchands non agricoles, soit une hausse de 0,4% de l'emploi salarié sur le trimestre et de 1,3% sur un an. Ils se rajoutent aux 58.200 nouveaux postes au premier trimestre, selon les données provisoires publiées ce vendredi par l'Insee.
Au total, l'économie française a créé 126.500 en six mois, contre 143.00 durant toute l'année 2010.
Il s'agit de "la plus forte augmentation des créations de postes depuis le 1er trimestre 2007", a rappelé le ministre du Travail Xavier Bertrand, avant la crise de 2008-2009 et son cortège de licenciements massifs.
L'emploi industriel repart à la hausse
Autre motif de satisfaction : l'emploi industriel commence à sortir du marasme. 6.600 emplois supplémentaires ont été créés entre avril et juin dans ce secteur, après une stabilisation des effectifs au premier trimestre. Il s'agit de la première embellie dans l'industrie depuis dix ans : depuis le 2ème trimestre 2001, ce secteur perdait des emplois chaque trimestre, rappelle l'Insee. Au cours de la seule année 2010, il avait perdu 66.400 salariés, attisant les craintes d'une désindustrialisation de la France.
Toutefois, l'essentiel des emplois créés restent le fait du secteur tertiaire (57.200, après 53.900 au premier trimestre).
L'emploi interim en recul
Par ailleurs, l'intérim, principal moteur de l'emploi en 2010, a joué un moindre rôle, signe que les postes créés cette année sont de nature plus durable. L'emploi intérimaire a progressé de 7.500 au 2e trimestre et de 5.900 au premier (contre environ 24.000 par trimestre l'an dernier).
Le chômage continue à progresser
Et pourtant, malgré ce dynamisme, le chômage s'était aggravé au printemps : le nombre des demandeurs d'emploi sans aucune activité a nettement progressé en mai et en juin, touchant 2,720 millions de personnes, selon Pôle emploi, l'embellie des quatre premiers mois de l'année se troublant totalement effacée.
Croissance à 0%
Dans le même temps, la croissance a subi un arrêt brutal: la hausse du PIB a été nulle au deuxième trimestre, après une progression de 0,9% au premier- une annonce qui a fait vendredi l'effet d'une douche froide en pleine crise de l'euro. Le ministre de l'Economie, François Baroin, s'est voulu, lui, rassurant. Si disant confiant dans les "fondamentaux" de l'économie française, il a maintenu la prévision de croissance de 2% pour 2011.
Rattrapage
Selon l'économiste Stefano Scarpetta, spécialiste des questions d'emploi à l'OCDE, "on peut avoir un décalage entre les créations d'emploi et les performances macro-économiques". "Les employeurs avaient retardé les créations d'emploi" en recourant à d'autres mécanismes comme les heures supplémentaires pour augmenter les heures travaillées, "mais arrivé à un plafond, ils ont dû embaucher", explique-t-il.
Toutefois, pour continuer à embaucher, il faut une demande et une confiance. Aujourd'hui, "il y a un risque," souligne cet économiste, "s'il n'y pas une reprise un peu plus forte de la croissance, ces créations d'emploi ne vont probablement pas se poursuivre". "Il faut un peu plus de clarté sur les perspectives économiques à court terme", selon lui, alors que l'économie française, comme celle du reste de l'Europe, ont été ces derniers jours en proie à une "forte volatilité".

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