Ecotaxe. Les patrons bretons rencontreront Fillon
La manifestation du monde économique breton contre l'écotaxe (*) a débuté en fin de matinée au péage de la Gravelle, entre Rennes et Laval. Entre 10 h 15 et 13 h 30 plusieurs centaines personnes ont investi ce point d'entrée routier de la Bretagne. Parmi eux, des patrons, des agriculteurs, des pêcheurs. Les manifestants ont obtenu un rendez-vous avec François Fillon, fin février.
13 h 30. Les manifestations se dispersent peu à peu. Ils resteront "mobilisés" et promettent "d'autres types d'actions" si leurs revendications ne sont pas entendues. Le point positif de cette manifestation : un rendez-vous obtenu avec François Fillon à la fin du mois de février. Rendez-vous au cours duquel les patrons bretons n'auront qu'un seul et unique souhait : obtenir la "suppression totale" de l'écotaxe en Bretagne.
13 h. Agriculture, pêche métallurgie, transports... Tous les secteurs, ou presque, de l'économie bretonne sont réunis. 150 adhérents et cadres de la Scarmor, la centrale d'achat de Leclerc, sont notamment présents. Selon Patrick Huon, de la FDSEA 29, les manifestants ne réclament pas des aménagements de cette écotaxe mais "sa suppression totale" en Bretagne. Seuls les bus ont pu avancer jusqu'à la barrière de péage. Les camions ont été déviés vers une aire de stationnement situé avant la Gravelle. Les manifestants ont distribué des tracts et font signer des pétitions. Les automobilistes semblent peut concernés. La majorité d'entre eux n'a pas ou peu entendu parler de l'écotaxe.
11 h 45. Après 45 minutes de discours des responsables patronaux, les manifestants de la Gravelle s'apprêtent à distribuer une motion dénonçant l'écotaxe, aux automobilistes empruntant le péage de la Gravelle. 800 à 1000 personnes sont présentes. Patrick Caré, président de l'UPIB - le Medef breton -, vient d'annoncer qu'il avait reçu un appel téléphonique du ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo. Ce dernier propose une réunion entre une délégation bretonne et le Premier ministre François Fillon à la fin février.
L'axe Rennes-Paris à éviter
Aujourd'hui, les conducteurs de poids lourds et les automobilistes sont invités à éviter l'axe Rennes-Paris (via Laval) jusqu'à 17h00. Pareil, pour les automobilistes d'importants ralentissements sont à prévoir. La circulation des poids Lourds de plus de 7, 5 tonnes sera interdite dans les deux sens sur A81 entre la porte n°4 Laval Ouest (sens Est/Ouest) et la jonction de l'A81 et de la D 57 (sens Ouest/Est)
Pour les poids lourds des déviations seront mises en place :
dans le sens Paris-Rennes, à hauteur de la porte n° 4 (LAVAL OUEST) vers Laval et Rennes
- dans le sens Rennes-Paris au niveau de la jonction D57/A81vers Laval, Le Mans et Paris.
Des itinéraires jalonnés leur permettront d'éviter la manifestation et de rejoindre la 2 fois deux voies vers Rennes et Paris.
Selon leur lieu de départ et de destination ils peuvent privilégier l'axe :
- Nantes-Angers et Le Mans-Paris par A11 et A10
- Rennes-Caen-Paris par A84 et A13
*L'écotaxe doit entrer en vigueur en 2011. Elle sera payée par les transporteurs routiers empruntant le réseau national gratuit, à hauteur de 0,025 à 0,20 euro du kilomètre.
Ecotaxe. Quatre dirigeants se rebiffent
Patrick Bellec, Centre Leclerc de Pont-l'Abbé (29).
«Nous avons procédé au bilan carbone de l'entreprise, un hypermarché de taille moyenne: notre approvisionnement représente 400.000 équivalents-camion par an, pour les livraisons à partir des bases de Landerneau, Le Relecq-Kerhuon et Lorient. La taxe représenterait une charge directe nouvelle de 50.000euros annuels pour ces seuls trajets. Nous n'avons pas d'alternative: livrer des produits frais par le rail dans nos magasins, ça relève de la science-fiction! A cette charge directe sur nos propres transports, il faudra ajouter les taxes perçues sur l'approvisionnement des bases elles-mêmes et sur les transports intra-régionaux de nos fournisseurs industriels bretons. Il y aura des conséquences immédiates sur le pouvoir d'achat. La hausse des prix due à la taxe cumulée devrait se situer entre 2% et 5% pour les consommateurs de la pointe de Bretagne. C'est énorme!».
René Legrand, Transports TCEL à Châteaulin.
«Le Finistère, à l'extrême pointe de la Bretagne, va payer un lourd tribut. Théoriquement, le département devrait bénéficier d'une réduction de 25% de l'écotaxe, mais dès qu'on franchira les frontières finistériennes pour arriver dans le Morbihan ou dans les Côtes-d'Armor, on paiera plein pot. Pour la cinquantaine d'ensembles routiers de l'entreprise, la taxe va nous coûter annuellement autour de 450.000euros, c'est lourd quand la marge se situe entre 1 et 1,5%. Le gouvernement nous autorise de répercuter la taxe sur nos clients, mais ces derniers accepteront-ils la hausse?».
Yannick Vasseur, cadre commercial, Le Vénec (mareyage) à Concarneau (29).
«Nous achetons près de 2.000 tonnes de poissons, mais le poids commercialisable est divisé par deux après le vidage, l'étêtage et le pelage, il reste quelque 900 tonnes à vendre. Le transport pèse autour de 2,50% de notre chiffre d'affaires et l'écotaxe devrait coûter entre 15.000 et 20.000euros à l'entreprise alors que la marge se situe entre 1 et 2%. Comment répercuter la taxe à nos clients, surtout à ceux qui doivent acheminer ensuite le poisson vers leurs magasins, comme les enseignes de la distribution?».
Alain Glon, groupe Glon-Sanders.
«En Bretagne, un secteur comme l'agroalimentaire n'a d'autres solutions que la route pour transporter ses marchandises. L'écotaxe devrait coûter près de deux millions d'euros à Sanders sur la Bretagne, alors que notre marge est de l'ordre de 1%. C'est une sanction qui s'ajoute à au handicap de l'éloignement géographique de l'industrie agroalimentaire bretonne, dont le prix de revient est déjà supérieur de 4% par rapport à celui des concurrents allemands». L'écotaxe pour quoi faire? Inscrite dans la loi issue du Grenelle de l'environnement, l'écotaxe doit s'appliquer à partir de 2011 aux poids lourds de plus de 3,5 tonnes empruntant le réseau routier national non-payant. Avec son réseau entièrement gratuit et son éloignement géographique, la Bretagne est concernée au premier chef. Le montant de l'écotaxe serait de 0,025 à 0,20 euro du kilomètre parcouru. Les recettes de l'écotaxe, estimé à un milliard d'euros, iraient notamment au financement des infrastructures ferroviaires.
Le point de vue de Bretagne Vivante sur l'écotaxe
Comment jugez-vous l'écotaxe?
Je trouve que le principe de l'écotaxe est bon. Il y a longtemps que l'on aurait dû relever le tarif de l'usage de la route pour le transport des marchandises, de la même manière que le fret ferroviaire paie le coût d'usage du réseau, y compris en Bretagne. Au-delà de l'aspect économique, il faut aussi penser au problème du climat et à la réduction des émissions de CO2, le transport routier est un gros contributeur à cette pollution. Notre avenir écologique se joue aujourd'hui.
Que pensez-vous du rassemblement aujourd'hui à La Gravelle?
Je comprends les acteurs économiques quand ils disent qu'ils n'ont pas aujourd'hui d'autre alternative que la route, mais la taxe prélevée sur les routes sans péage est justement faite pour construire cette alternative. Au lieu de perdre deux ou trois heures à La Gravelle, ils auraient mieux fait de proposer au gouvernement des projets de plate-forme multi-modales, rail-route par exemple, pour les années à venir. Quant au surcoût de l'écotaxe, il sera de l'ordre de 26euros entre Brest et La Gravelle. L'impact sur le prix de la marchandise est bien en-dessous de 1% pour 20 tonnes de céréales alors que les variations de cours sur le marché peuvent atteindre 10% en quelques semaines.
Un front uni contre Borloo
«Si Monsieur Borloo continue à nous traiter de la même façon, en faisant fi des propositions d'adaptation du Grenelle à la situation particulière de la Bretagne, nous allons engager des actions dures», annonce Patrick Caré, président de l'Union patronale interprofessionnelle de Bretagne. «C'en sera fini des opérations softs comme la manifestation de la Gravelle. Quand la survie est en jeu, on est capable de sortir des comportements... habituels». Un coup d'oeil complice au président des agriculteurs (Frsea), et l'homme du Medef ajoute «mais habituels, peut-être pour certaine profession ici représentée». Faut-il imaginer les chefs d'entreprise, tous ensemble, prendre d'assaut une sous-préfecture (ou mieux une préfecture de région) comme Gourvennec à Morlaix voici 48 ans? «Nous verrons bien ce qu'il faudra faire», répond Patrick Caré en souriant.
Au-delà de la fronde patronale
Serait-ce simplement une fronde de patrons anti-Grenelle? Ce serait trop simple. Bien au-delà du cercle des «acteurs économiques», le principe d'un aménagement régional de la taxe semble de plus en plus partagé par les décideurs politiques et sociaux et les consommateurs. Même par les écologistes, hormis quelques inconditionnels dépositiaires de l'intouchabilitié du dogme. Il est vrai que le problème de l'écotaxe se pose ici avec une acuité particulière. Parce que la Bretagne est loin de Paris et qu'elle n'est sur la route de rien, parce qu'elle s'est débrouillée pour nourrir la France en produisant et transformant sur son territoire, elle a développé des échanges intra-régionaux qui lui ont valu son essor depuis plus de 40 ans. Ce sont ces échanges intra-régionaux qui vont se retrouver taxés à 0,12euros par kilomètre-camion. Ca ne fait pas cher du kilo, mais il faut des tonnes d'engrais et d'aliments pour produire des tonnes de lait, de blé, d'oeufs ou de viande et toutes ces tonnes vont payer la taxe puisque seules les autoroutes seront exemptées et qu''il n'y a en a pas chez nous.
L'Ouest breton en première ligne
Résultat: l'économie bretonne, paierait trois fois plus que les autres régions, ce qui se traduira inévitablement par une perte de compétitivité. Le lait hollandais et le porc allemand, épargnés par la taxe, vont devenir plus concurrentiels, «au point d'éjecter les producteurs bretons de l'énorme marché d'Ile de France», craint le président de l'Association bretonne des entreprises agroalimentaires. Les consommateurs bretons vont voir les prix augmenter plus qu'ailleurs. Et les industriels de l'ouest de la Bretagne vont se sentir tentés par une délocalisation vers la Gravelle, là où l'autoroute commence et où les taxes s'arrêtent. «Toute l'industrie finistérienne va-t-elle devoir fuir vers la Mayenne?», s'interroge Patrick Caré.
11 réactions
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rebelle
encore un impôt !
Etre aujourd'hui artisan-transporteur (2 salariés) devient presque impossible !
Beaucoup de petits patrons comme moi touche à peine le salaire moyen d'un salarié et tout le monde s'en fout!
Je ne suis pas contre une "taxe écologie" mais qu'elle soit juste !
Ajouté le 5 février 2009 à 15h35
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marc...
ecotaxe
Jusqu'au 16 ième siecle, la bretagne était au centre de l'europe, sa réussite économique de l'époque en témoigne, depuis que la france tient les manettes, elle est excentrée, hum ... pas plus que l'irlande, donc il faut que les bretons reprennent les manettes, comme les Gallois, les irlandais, les basques, les écossais, etc, leur autonomie bien sûr. marc patay
Ajouté le 5 février 2009 à 12h31
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marc...
ecotaxe
Jusqu'au 16 ième siecle, la bretagne était au centre de l'europe, sa réussite économique de l'époque en témoigne, depuis que la france tient les manettes, elle est excentrée, hum ... pas plus que l'irlande, donc il faut que les bretons reprennent les manettes, comme les Gallois, les irlandais, les basques, les écossais, etc, leur autonomie bien sûr. marc patay
Ajouté le 5 février 2009 à 12h02
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dani...
Écotaxe et CO2
Au delà des difficultés qui peuvent être rencontrées par la Bretagne au sujet de cette taxe, il y a bien un rapport entre cette écotaxe et le CO2. Le transport de marchandise par les poids lourds routiers est un des modes de transport les plus polluant et les plus émetteur de CO2, aussi il nous faut trouver les moyens de transférer une part du fret routier sur les autres modes (ferré, fluvial, maritime). Ceci c'est bien pour diminuer les émissions de CO2 et essayer de diminuer les risques (actuellement très forts) de changement climatique. Cette taxe comme celle existant en Allemagne, en Autriche, en Suisse, et autres pays voudrait d'une part lever de l'argent pour investir dans les modes moins polluant et les infrastructures multimodales permettant de passer aisément du camion au train (ou au bateau), d'autre part en renchérissant très légèrement le coût du transport routier encourager le transfert vers d'autres modes.
Bien entendu l'écotaxe est loin de tout résoudre et son application doit être juste et positive. Il y a sûrement à étudier une mise en oeuvre satisfaisante. Il demeure qu'il y a urgence à prévoir les investissements nécessaires et à organiser la réflexion pour atteindre les objectifs. L'argument selon lequel le fret ferroviaire ou maritime ne sont pas possibles en Bretagne ne semble pas acceptable. Que le passage proposé soit difficile, certes. Que l'organisation d'un service de fret ferroviaire performant où la marchandise arrive à l'heure et sans aléa soit difficile, certes. Impossible : non. L'État d'une part et la SNCF d'autre part ont jusqu'à présent manqué singulièrement d'ambition pour le fret et on ne peut que leur reprocher (notamment la privatisation des autoroutes au moment où il était décidé d'allouer les bénéfices au ferroviaire et au fluvial a été une erreur fondamentale). Mais aujourd'hui ce sont les conditions de vie économiques et environnementales de nos petits enfants qui sont en jeu. Aussi l'urgence est de se mettre tous autour de la table et d'engager la réflexion pour l'avenir. Les manifestations bretonnes actuelles ne sont sans doute pas dénuées de raison mais elles doivent aussi déboucher sur l'action pour l'avenir. On a le sentiment qu'il s'agit d'une réaction entièrement fondée sur le court terme et qu'il y aurait comme une incapacité à se tourner vers le long terme. Ceci serait dramatique!!!
Ajouté le 5 février 2009 à 11h40
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Vline
Le ferroutage breton ok mais relié à quel réseau de ferroutag
La volonté politique régionale n'est peut être pas très ferme ? mais que dire de la volonté nationale d'uniformiser et de développer le transport ferroutage ?
Je n'ai pas l'impression que se soit très répandu au niveau national.
Pour ce qui est de projets régionaux, il y en a certainement, mais pour ce relier à quoi ? si rien n'est fait pour faire un vrai réseau national ? C'est facile de critiquer, mais déjà en tant que citoyen quel est notre comportement sur la route ? un par voiture, faute de transport en commun ou bien-être personnel ?
Pour les transports de marchandises il faut bien que les camions circulent. Faute de mieux, en attendant un vrai réseau ferroutage national.
Des solutions existent pour lutter contre le CO2 :moteurs moins polluants, des pots d'échappements plus performants, Développement des voitures électriques ou hybrides, développer ou réaménager les transports fluviaux
Je suis pour l'environnement mais pas n'importe comment ni à n'importe quel prix. La taxe doit être revue à la baisse car la Bretagne ne pourra supporter d'être lourdement handicapée sur ces transports. La concurrence étant, à moins de transformer la Bretagne en désert..
Ajouté le 5 février 2009 à 10h46
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LG
Ca suffit!
Paris ne doit plus décider pour nous bretons! La politique des transports françaises est une catastrophe. Le fret ferroviaire n'a jamais été favorisé en France et aujourd'hui on taxe sans aucune alternative.
Et que dire des autoroutes qui on été privatisées...
Il est largement temps que nos élus exigent de Paris les pouvoirs nécessaires et les moyens financiers pour que la Bretagne devienne une vraie région européenne.
Ajouté le 4 février 2009 à 16h31
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jcth...
que l'on m'explique
Que l'on m'explique ce que va faire cette taxe car je ne suis pas assez malin pour comprendre comment cela peut diminuer le CO2. Tout ce que je vois c'est une nouvelle taxe qui n'est plus , ni moins qu'une augmentation de la TVA qui sera payée par tout le monde, mais plus ressentie par par ceux qui sont déjà dans la mouise.
PS : il paraît même que cette taxe entraînerait la suppression de 5000 emplois en Bretagne...
Idée : pourquoi ne pas taxer les cheminées et le bois de chauffage et le charbon de bois pour barbecue?
Ajouté le 4 février 2009 à 16h10
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antoine
mais vous voulez quoi au juste ?
Toujours plus de pétrole, plus de CO2, plus de déréglements climatiques ... c'est ça que vous voulez laissez aux enfants ? Merci pour eux.
Ajouté le 4 février 2009 à 13h34
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CORENTIN
Injuste
Cette taxe est injuste et scandaleuse car elle pénalise la Bretagne. Je pense que comme Sarkozy, Boorlo qui est c'hti n'a rien à foutre de la Bretagne
Ajouté le 4 février 2009 à 09h55
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m.le...
Eco-taxe v/s ferroutage.
Le principe polleur-payeur est, selon moi, un bon principe.
Je suis; de plus, un fervent partisan du ferroutage, d'autant plus en Bretagne. Le petit problème du ferroutage est le coût d'investissement qu'il engendre. Ce coût pourrait être parfaitement supporter par la Région si celle-ci s'était dôtée de la volonté politique nécessaire à sa réalisation. Cependant l'actuelle majorité n'a pas cru bon développer ce ferroutage et l'on se trouve actuellement devant la fronde des entrepreneurs. Je ne suis pas sur que le véritable problème vienne du Gouvernement mais bien de la Région qui aurait du mettre en place ou au moins lancer des projets de ferroutage.
Et puis comme le souligne Daniel Piquet-Pellorce l'impact économique sera bien en deça de ce que nous prédit les gros industriels type Leclerc qui continueront à gagner de l'argent.
Ajouté le 4 février 2009 à 09h38
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FNE
Le point de vue France Nature Environnement
Vous faites grandement écho aux positions des opposants à cette éco-taxe plus rarement à ceux qui sont favorables à cette mesure et qui l'ont portées au moment du grenelle de l'environnement.(et nous sommes relayés par nos fédérations régionales)
Extrait d'une lettre que nous venons d'adresser au Président du Conseil Général du Finistère-
"Il ne s'agit pas d'une taxe"Borloo" mais d'une taxe kilométrique issue du Grenelle de l'environnement, qui pour notre part engage tous les acteurs de ce moment fort voulu par le Président de la République.
-L'impact de la taxe kilométrique sur le PIB régional est de 0,13% en Bretagne et légèrement supérieur aux autres régions, ce qui en fait est normal puisque aujourd'hui la région est une des seules à ne pas avoir de péages autoroutiers. Et puis surtout, il est cohérent de faire acquitter l'usage de l'infrastructure de transport à ses utilisateurs: le fret ferroviaire paie des péages, y compris en Bretagne (et sans réduction).
-Le coût du transport va effectivement augmenter pour certaines destinations mais il faut en fait voir l'impact sur les prix des produits. Avec une perception moyenne de 12Cts du Km, le péage sera de l'ordre de 26 Euros entre Brest et La Gravelle. L'impact sur le prix de la marchandise est en dessous de 1% pour 20 tonnes de céréales, alors que les variations de cours peuvent atteindre 10% en quelques semaines! Pour les primeurs, l'impact sera au plus 0,5 centimes d'euros au kilo!
Ce péage pourra d'ailleurs être diminué de 50% si les camions répondent à des normes environnementales satisfaisantes.
-L'exemption de l'application de cette taxe kilométrique que vous souhaitez pour votre région ne semble pas répondre à un principe républicain d'égalité devant la Loi. Et nous reprenons volontiers une citation d'un parlementaire lors du débat sur la loi Grenelle 1, lors de la discussion d'un amendement demandant l'exonération pour votre région : "les exceptions d'aujourd'hui font les inégalités de demain !".
Nous pourrions répondre point sur point à tous les chiffres qui sont actuellement utilisés pour attaquer cette mesure du Grenelle, qui, il faut le rappeler, est prise pour mettre en place une autre politique des transports dans le cadre notamment d'une lutte contre le changement climatique.
France Nature Environnement ne comprend pas votre opposition à cette mesure, et souhaiterait plutôt que nous nous retrouvions ensemble pour mettre en oeuvre les ambitions du Grenelle, y compris dans le domaine du transport, et ce par la modernisation du réseau ferré breton et la remise en service de liaisons de transport combiné.
Gérard ALLARD
France Nature Environnement
Membre Directoire « Transport et Mobilité Durables »
Ajouté le 4 février 2009 à 07h55
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