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Ecoceane. Un bateau anti-explosion pour Total

23 mars 2010

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Un bateau quasi sûr de ne pas exploser, alors qu'il navigue dans des vapeurs inflammables. Total posait une colle au constructeur Ecoceane de Paimpol (22). Défi relevé par un sous-traitant du cru.

C'est un bateau pas banal qui recevait ses derniers coups de pinceau la semaine dernière sur le port de Paimpol. Un «workboat» d'une quinzaine de mètres, qui viendra prochainement équiper une plateforme pétrolière Total au large de l'Angola. Il fera le lien entre les pétroliers et la plateforme. Son originalité? Il porte l'estampille «Atex» (Atmosphères explosives, une réglementation européenne), traduction: il est paré pour naviguer dans les zones de gaz et de vapeurs inflammables, avec un risque de feu d'artifice, réduit au maximum.

Première pour Ecoceane

Une première pour le chantier naval d'Ecoceane, Armor Technique, situé à Paimpol qui sous-traite la partie électrique du bateau à l'entreprise briochine Ixelek. Celle-ci se retrouvait face à un casse-tête, lorsqu'elle a appris que le client voulait conformer le work-boat aux directives Atex. Électricité et vapeurs explosives ne faisant pas bon ménage. «On a simplement cherché sur internet pour connaître les entreprises qui étaient spécialisées dans ce domaine», explique Jean-Pierre Beauvais d'Ixelek.

L'Abeille Bourbon comme référence

Coup de chance, dans la commune limitrophe de Paimpol, Plouézec, Jean-Marie Polard a installé la société idoine, Kermaz, depuis cinq ans. Ixelek le contacte en novembre dernier. «Nous sommes la seule entreprise bretonne à ne faire que de l'Atexdans de nombreux domaines», insiste Jean-Marie Polard. Il n'empêche, celui-ci n'a jamais travaillé sur la mise en conformité d'un bateau. «À ma connaissance le seul à être équipé est l'Abeille Bourbon, nous nous en sommes servis comme référence», explique-t-il.

Détecteur de gaz

Toutefois, pas mal de choses restaient à inventer concernant, notamment, les multiples feux équipant les navires. Certaines pièces n'existaient pas chez les fournisseurs habituels de Kermaz. Au final, le remorqueur Total se retrouve équipé d'un détecteur de gaz qui peut couper moteur et batterie au cas où, de coffrets antidéflagrants, de luminaires du même type et de boutonneries spécifiques. Tout ce qui peut produire une étincelle a été remplacé ou isolé, le tout dans un espace à bord limité. Quant au moteur, c'est une entreprise anglaise Pyroban qui avait la charge d'adapter tout ce qui est possible, un diesel étant par définition explosif... Le remorqueur était mis à l'eau hier. Il partira en avril rejoindre la Corée du Sud où la plateforme pétrolière Total est en construction.

  • Frédéric Jacq
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