8 décembre 2008
Le bateau écologique n'existe pas. Il suffit de flâner dans les allées du Nautic pour s'en convaincre. Et pourtant, timidement, la recherche progresse dans la voie des biomatériaux.
Il y a huit ans, Catherine Chabaud évoquait son projet de construction de bateau propre. Une annonce accompagnée de plus de sourires que d'encouragements. Rien n'a d'ailleurs fondamentalement changé dans les allées du Nautic où le polyester reste roi.
La recherche sur les biomatériaux avance, pourtant. Navecomat, le programme d'éco-conception d'un bateau en matériaux biocomposites progresse, trois ans après la réalisation d'un kayak de mer en lin et résine de polyester, par la société Plasmor, de Theix (56).
Premier matériau
« Aujourd'hui, nous avons des perspectives d'avenir. Le cabinet d'architecte Finot a apporté du crédit au programme. Et les entreprises de la fédération des industries nautiques commencent à s'intéresser aux travaux menés par le laboratoire de l'Université de Bretagne sud », poursuit la navigatrice engagée.
Les recherches ont, depuis quelques mois, permis d'aboutir à un premier composite d'origine végétale, mêlant fibre de lin et résine issue du maïs. Un petit bateau pourrait ainsi voir le jour dans un ou deux ans. Après une première utilisation sur un siège de kayak ou des pièces d'accastillage.
Un matériau totalement compostable qui répondrait à la difficulté d'élimination des bateaux en fin de vie.
Procédé artisanal
Catherine Chabaud veut croire en un salon nautique réunissant de tels bateaux. Le chemin sera pourtant long. Baptisé Flax 40, le dernier Class 40 signé Julien Marin pourrait contribuer à cette avancée. En cours de construction à Concarneau (29), le voilier utilise de la fibre de lin préimprégnée d'une résine d'Epoxy collée sur des panneaux de balsa. Une technique de construction bien connue.
« Il faut être honnête. Sans bio résine, le Flax n'a rien d'un bateau écologique », tempère Régis Garcia, le skipper du bateau qui participera à la prochaine Route du Rhum. Le projet, mené avec le concours d'une société belge spécialisée dans les fibres, Linéo, reste d'ailleurs un procédé artisanal. Il pourrait pourtant se traduire par un nouveau pas en avant dans l'éco-conception.
Esprit éclairé
En attendant, chantiers, motoristes et fabricants de pièces d'accastillage travaillent à l'élaboration de produits s'inscrivant dans la démarche de développement durable.
Mantagua, l'entreprise morbihannaise de conception de leds - qui consomment cinq fois moins d'énergie qu'une ampoule classique - vient ainsi de s'unir à Breizelec. 80 % du chiffre d'affaires « led » de la société, désormais installée à Châteaulin (29), est ainsi consacré au nautisme. Avec une progression de 30 % par an. Preuve que l'éclairage économe en énergie fait son petit bout de chemin dans l'esprit des plaisanciers.
« Les petits chantiers avant-gardistes l'ont déjà adopté, souvent en option. Les généralistes y réfléchissent », explique Philippe Gastoud, dirigeant de Breizelec. Malgré les innovations, l'éclairage économe pêche par son coût, cinq fois plus élevé. Dans ces conditions, son intérêt est, pour l'heure, réservé à la navigation hauturière à la voile.
À l'image de l'expédition Tara et de plusieurs concurrents du Vendée Globe. Les chantiers ne manqueront pas pour aller au bout de la réflexion.