18 avril 2008
Grâce au programme Phénix, les grandes entreprises commencent à ouvrir leur portes aux diplômés des filières littéraires et artistiques.
Axa, Coca-Cola Entreprise, Renault, Siemens, HSBC, la Société générale, Thales, Randstand et L ' Oréa l : ces grandes entreprises ont signé une charte il y a un peu plus d'un an avec cinq universités d'Ile-de-France. Résultat : 35 diplômés Bac + 5 de filière artistique ou de sciences humaines ont été recrutés à des postes de cadres.
Nouvelles sources
« Avec le départ à la retraite de la génération du baby boom, il nous faut trouver de nouvelles sources de recrutement » , explique Serge Villeplet, du cabinet d ' audit et conseil PriceWaterhouseCoopers. « Il y a une méconnaissance entre université et entreprise et c' est une exception française », souligne-t-il. Les littéraires se font souvent doubler au poteau par les candidats qui sortent de la bonne école, alors qu ' en Angleterre, les entreprises recrutent près de la moitié de leurs effectifs dans les universités.
Trois mois de stage
Les étudiants ont longtemps été victimes de la réputation de leur formation, jugée peu adaptée à la réalité du monde du travail, qui limitait leurs perspectives professionnelles à l ' enseignement, la recherche ou la fonction publique, dont les effectifs tendent à se réduire.
Dans le cadre de la charte Phénix, les entreprises recrutent puis forment pendant trois mois des étudiants à leurs futurs postes.
Ainsi, a près avoir passé son master 2 de philosophie sans « vision claire » de l ' avenir, Macarena Olazabal, 26 ans, a décroché un poste dans une filiale de l ' assureur Axa, où elle s ' occupe d ' assurances sur les grands risques à échelle internationale. « Le côté technique du travail, il s ' apprend » , assure -t-elle.
« Moins formatés »
« Les universitaires sont des gens ouverts, moins formatés, avec des questionnements différents, complémentaires des profils classiques » , reconnaît Hélène Tavier, responsable du recrutement cadres chez Renault.
« Ils sont motivés et ils l ' ont prouvé dans leurs études. Les écoles, c ' est une sorte de sprint, alors qu ' un master à l ' université , c ' est plus de l ' endurance » , ajoute-t-elle, soulignant les qualités d ' autonomie, de curiosité et d ' analyse des étudiants.
« Synthétiser
et retranscrire »
« Dans mon cursus, j ' ai dû emmagasiner beaucoup d ' informations, avant de les synthétiser et les retranscrire. C ' est aussi ce que je fais ici », explique Julie Carpentrat, diplômée en histoire de l ' art de 25 ans qui coordonne aujourd ' hui des projets informatiques à la Société générale.