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Crise financière. Vent de panique sur les Bourses

11 août 2011

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Folle séance, hier, sur les marchés boursiers mondiaux. Après avoir ouvert dans le vert, le CAC 40 a, lui, dévissé dans l'après-midi. L'indice parisien a terminé sur un recul de 5,45%.

Les places boursières ont à nouveau cédé à la panique, hier, plombées par les valeurs bancaires et les rumeurs d'aggravation de la crise dans la zone euro. «C'était une séance folle. Le secteur bancaire n'avait pas été attaqué aussi violemment depuis Lehman Brothers», a commenté Renaud Murail, gérant d'actions chez Barclays Bourse.

Fièvre des deux côtés de l'Atlantique

À l'unisson des Bourses européennes, la Bourse de Paris a plongé de 5,45% - du jamais vu depuis décembre2008 - Francfort de 5,13% et Londres de 3,05%. Madrid a perdu 5,49% et Milan 6,65%. La fièvre touchait aussi l'autre rive de l'Atlantique, où l'indice vedette de la Bourse de New York, le Dow Jones, a chuté hier, de 4,68% et le Nasdaq de 4,12%. «On est dans une atmosphère de panique, le marché joue à se faire peur. Il y a eu une attaque en règle, une spéculation à la baisse, mais surtout une phobie générale», a expliqué Renaud Murail. Alors que l'Europe avait démarré sur un rebond, les places financières ont en effet subitement paniqué à deux heures de la clôture, les investisseurs liquidant leurs actions dans la précipitation. La nervosité a été portée à son comble par la multiplication de rumeurs d'abaissement de la note de la France - infondées - ou de faillite de la banque française Société Générale, dont l'action s'est effondrée de 22% en cours de séance. Certains analystes expliquaient aussi cette débâcle des valeurs financières par le débat agitant les marchés autour du Fonds européen de stabilité financière et du plan de sauvetage de la Grèce. Athènes envisage d'étendre son programme d'échange d'obligations afin d'y inclure des titres à plus longue échéance, ce qui mettrait davantage à contribution ses créanciers privés.

«La carte de la peur»

Alors que le gouvernement français a «formellement» démenti les rumeurs sur une éventuelle dépréciation de sa note, l'agence franco-américaine Fitch Ratings a confirmé la note «AAA», décernée aux emprunteurs les plus fiables, qu'elle attribue à la dette publique française. «Il est clair que des investisseurs jouent la carte de la peur car cette rumeur est largement infondée», a tempéré un autre analyste. Malgré ces rumeurs, les taux d'emprunt des pays de la zone euro se sont fortement détendus, hier, à la faveur du rachat par la Banque centrale européenne des titres de dette italiens et espagnols, et d'une émission d'obligations placée avec succès par l'Italie.

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