6 octobre 2009
Le conseil extraordinaire des ministres de l'Agriculture qui se tenait hier à Bruxelles a débouché sur un statu quo sur la crise du lait. Simple sursis ou véritable compromis ?
> Des manifestations dans l'Ouest
Tout le monde assurait hier être sorti la tête haute du Conseil agricole extraordinaire sur la crise du lait provoqué par la France et l'Allemagne. Bruno Le Maire, le ministre de l'Agriculture, assurait avoir obtenu de l'Union européenne un «signal politique fort» en faveur d'une régulation du marché du lait. Mariann Fischer-Boel, commissaire à l'agriculture pour encore trois semaines, assurait s'en tenir aux conclusions du bilan de santé de la Politique agricole commune, qui prévoit la suppression des quotas laitiers en 2015. Cet exercice d'équilibrisme politique a été mené à bien au prix d'un report des décisions sur l'organisation future du marché et d'ambiguïtés sur le degré d'intervention que se réserveront les autorités publiques après 2015 et même dès 2010.
Fragile compromis
Les agendas politiques très différents de Mariann Fischer-Boel et de Bruno Le Maire ont contribué à dégager ce compromis. La première quitte la Commission européenne dans trois semaines. Elle ne verra pas les résultats du groupe. Le second, ministre depuis quatre mois à peine sera jugé notamment sur ce dossier. Ce diplomate germanophone a l'avantage d'entretenir une relation étroite avec celle qu'il appelle «Ilse», son homologue bavaroise Ilse Aigner. En pratique, un «groupe de haut niveau» réunissant des experts nationaux doit remettre en juin2010 des conclusions définitives, a assuré le ministre, sur le moyens de protéger les producteurs des aléas d'un marché mondial. C'est un haut fonctionnaire de la Commission, le Français Jean-Luc Demarty, qui tiendra les commandes. Charge à lui de trouver un terrain d'entente avec les producteurs, mais aussi les consommateurs et probablement, les industriels et les distributeurs. Renforcement du rôle des producteurs et de leur capacité de négociation avec l'aval de la filière, création d'un marché à terme pour la poudre et le beurre, nouveaux instruments de marché seront les composantes d'un «nouveau cadre régulé», comme l'indique le mandat du groupe, âprement négocié.
Ambiguïté
Quant à savoir à quoi ressemblera ce cadre, la Commission a admis qu'elle ne pouvait pas le dire. Une certaine ambiguïté persiste sur les quotas, Bruno Le Maire ayant parlé de «mesures quantitatives». «Il y a toutes sortes de quotas et de mesures, explorons les sereinement», a commenté l'eurodéputé Michel Dantin qui suivra ces questions de près à la commission agriculture. En attendant, des mesures de court terme doivent être arrêtées par le Conseil agriculture du 19octobre. Ce sera l'occasion de mesurer les divergences d'intérêt entre pays. La France souhaite y voir adopter des mesures de soutien supplémentaires. Mais le compromis s'annonce difficile. «Il n'y a que deux moyens», a assuré la Commissaire: demander aux Etats de payer plus ou rester dans l'enveloppe actuelle en reprenant des moyens à d'autres producteurs.
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