8 septembre 2009
Les ministres européens de l'Agriculture ont affiché hier leurs divergences sur la crise du lait. La proposition de la France et de l'Allemagne visant à introduire une nouvelle régulation a été fraîchement accueillie.
Cette impasse intervient alors que les producteurs de lait les plus déterminés envisagent d'entamer bientôt une grève de la production faute d'aide. Une décision à ce sujet est attendue jeudi. Le ministre suédois de l'Agriculture, Eskil Erlandsson, dont le pays préside l'UE, a d'emblée rejeté hier une proposition présentée le même jour par Paris et Berlin, en arrivant à une réunion avec ses collègues européens à Bruxelles. La France et l'Allemagne proposent de maintenir une forte régulation du secteur laitier en Europe, pour ne pas laisser les agriculteurs exposés à la seule loi du marché. Notamment dans la perspective de la disparition des quotas laitiers en Europe à l'horizon 2015. De son côté, le ministre suédois a émis l'espoir d'une disparition de toute régulation laitière en Europe à terme. Il peut compter sur le soutien des pays traditionnellement libéraux du Nord de l'Europe.
«Pas de suspension»
Comme prévu, la commissaire européenne à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, s'est à son tour opposée à une autre idée franco-allemande: un gel de la hausse programmée des quotas européens l'année prochaine. Certains agriculteurs voient dans l'augmentation des plafonds de production une cause de la chute des prix, ce que réfute Bruxelles. «Pas de suspension», a tranché la commissaire danoise, estimant qu'une telle mesure ne «mènerait nulle part». «On voit très bien qu'il y a un clivage Nord-Sud», a résumé le Belge Benoît Lutgen, ministre wallon de l'Agriculture.
