22 juin 2009 à 18h01 - 1 réactions
Plusieurs milliers d'agriculteurs européens ont tenté d'entrer par effraction dans l'immeuble où se réunissaient les ministres européens de l'Agriculture à Luxembourg. Les révendications portaient essentiellement sur la chute des prix du lait.
Venus de France, d'Allemagne, de Belgique et du Luxembourg, un peu plus de 3.000 manifestants selon la police, 5.000 selon les organisateurs, sont venus exprimer leur colère. Les membres de la Fédération européenne des producteurs de lait (European Milk Board, EMB) venus avec quelque 300 tracteurs, se sont d'abord rassemblés sur une esplanade près du lieu d'une réunion des ministres de l'Agriculture de l'Union Européenne.
Le bâtiment saturé par des tracteurs
Certains d'entre-eux ont ensuite tenté de rentrer de force dans le bâtiment, avant d'en être évacués par des policiers en tenue anti-émeutes. Les manifestants, qui ont jeté des oeufs, canettes vides et bouteilles en plastique sur les forces de l'ordre, ont ensuite commencé à se disperser en entreprenant de ceinturer le lieu de la réunion avec leurs tracteurs. Vers 14H00, la situation restait toutefois calme.
Mariann Fischer attaquée personnellement
"L'Europe nous laisse mourir, à l'aide!" ou "Si l'Agriculture ne peut vivre, nul ne vivra", pouvait-on lire sur les affiches des protestataires. Beaucoup s'en prenaient personnellement à la commissaire européenne à l'Agriculture Mariann Fischer Boel, accusée de rester sourde à la détresse du secteur et de vouloir le libéraliser à outrance.
Colère focalisée sur la chute des prix
La colère des manifestants était concentrée sur la chute brutale des prix, du fait notamment de la crise économique. Les producteurs manifestent depuis des mois pour obtenir des aides et un relèvement des tarifs, via notamment une limitation de la production dans l'Union européenne. Ils s'étaient déjà rassemblés la semaine dernière à Bruxelles pendant le sommet des dirigeants européens.
Pas de remise en cause de la politique agricole
La Commission européenne a jusqu'ici annoncé quelques aides très ciblées mais elle refuse de remettre en cause sa politique très décriée dans certains pays en matière de quotas de production de lait. Pour elle, la crise n'est pas liée aux quotas mais à une demande insuffisante des consommateurs.
Relèvement progressif de quotas laitiers
L'UE s'est engagée dans une politique de libéralisation du secteur passant par un relèvement progressif des quotas laitiers, avant leur disparition prévue début 2015. "On a aujourd'hui une surproduction laitière en Europe, et l'UE continue à augmenter les possibilités de production", a protesté Thierry Poncelet, responsable du syndicat français FDSEA dans la Marne (Nord-Est).
Refus du tout libéral
"La Commissaire à l'Agriculture cherche en fait à faire crever les petits producteurs pour ne plus avoir que de grandes structures de production, mais ce n'est pas l'agriculture que nous voulons", souligne-t-il. De manière générale, les manifestants ont dénoncé l'orientation prise par l'agriculture européenne sous l'impulsion de Bruxelles. "Nous voulons garder une agriculture régulée, un meilleur contrôle des marchés et nous refusons le tout libéral de Mariann Fischer Boel", a ajouté le représentant syndical français.
