26 septembre 2009
En 50 ans, la consommation des Français a été multipliée par trois et a énormément évolué : moins d'alimentation mais plus de loisirs et de communications.
Difficile de l'imaginer en période de crise, à l'heure où certains ménages ont bien du mal à joindre les deux bouts. Depuis 1960, les Français ont vu leur niveau augmenter à tel point qu'ils ont pu multiplier par trois leur consommation. Jusqu'en 1973, ils ont même pu augmenter leurs dépenses de 4,3% par an. Depuis, de 1,7% par an. Voilà ce que révèle l'Insee dans sa volumineuse enquête publiée hier. L'explosion des dépenses s'est accompagnée d'un changement profond des comportements. Si l'alimentation représente toujours une importante part des dépenses des ménages, elle est tombée à 25% en 2007 (voir infographie). L'habillement recule aussi. «Les écarts entre les ménages les plus aisés et les plus modestes se sont réduits mais restent importants en terme d'alimentation à domicile, avec une dépense moyenne de 230euros par personne par mois pour les premiers contre 130 pour les plus modestes», explique Michel Duée, chef de la division conditions de vie des ménages.
Fruits et légumes chez les ménages aisés
Il confirme que «les plus aisés consomment plus de fruits, de légumes et de poissons, alors que les plus modestes plus de graisses et plus de sucres». Les plus pauvres consomment plus de tabac, sont moins sensibles que les plus aisés à l'augmentation des prix, alors que les plus riches consomment plus d'alcool. A l'inverse de l'alimentation, le poste logement a fortement progressé au cours de la même période, comme les dépenses de transports, de communications et de loisirs. «En 50 ans, les Français ont des logements de meilleure qualité et, en moyenne, un peu plus grands que leurs parents. C'est valable pour à peu près toutes les classes de la population», explique Jean-Louis Lhéritier, chef du département des prix à la consommation à l'Insee. Mais pour les locataires, dont le niveau de vie est globalement moins élevé qu'il y a 20 ans, le coût pour se loger est encore plus lourd et représente 25% de leur budget.
Différences culturelles
Cette étude, croisée avec des chiffres relevés en 2005 pour les 26 autres pays européens, fait apparaître une certaine convergence dans les modes de consommation en Europe. Mais des spécificités, peut-être plus culturelles, persistent: les Italiens continuent d'acheter plus de chaussures que leurs voisins français. Et les Britanniques dépensent plus dans les restaurants que pour se nourrir chez eux, alors que les Français ont plutôt tendance à privilégier la restauration à domicile.
